Actualisé 27.01.2011 à 14:40

Rubygate

Une deuxième mineure chez Berlusconi

Selon des documents envoyés par le parquet au Parlement dans l'enquête sur le scandale sexuel Rubygate, une deuxième mineure a participé à des fêtes de Berlusconi.

Les ennuis du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi se sont aggravés jeudi avec de nouvelles révélations sur le scandale sexuel Rubygate, tandis que ses partisans lançaient une contre-offensive en prenant pour cible son ex-allié Gianfranco Fini.

De nouveaux documents montrent qu'à part Ruby, une jeune Marocaine au coeur d'une enquête visant M. Berlusconi pour prostitution de mineure, une autre mineure a participé à des fêtes osées chez lui fin 2009.

Iris Berardi, une Brésilienne née le 29 décembre 1991 et présentée par les enquêteurs comme une «prostituée notoire», était mineure quand elle se trouvait dans ses villas en Sardaigne et près de Milan en novembre et décembre 2009, selon ces documents cités par les médias.

Le magnat de la télévision est aussi soupçonné d'abus de fonction pour avoir fait libérer la Marocaine Karima El Mahroug, alias Ruby, interpellée à Milan en mai 2010 pour un vol présumé.

Nouveaux éléments

Le parquet de Milan a dit détenir des «éléments probants» sur le versement d'argent et la fourniture de logements gratuits par le magnat à des dizaines de jeunes femmes en contrepartie de prestations sexuelles dans ses résidences.

Le chef du parquet, Edmonto Bruti Liberati, a annoncé jeudi dans un communiqué que «compte tenu de la délicatesse de l'affaire», il prenait «personnellement en charge la coordination et la pleine responsabilité de l'enquête».

Les juges ont transmis mercredi 220 nouvelles pages de documentation à une commission parlementaire pour obtenir la perquisition de bureaux d'un comptable du Cavaliere rattachés à son activité de député. La commission est réunie jeudi pour examiner cette requête.

Un dîner qui aurait fini en orgie

Selon des fuites dans la presse, une danseuse du ventre y témoigne de son «dégoût» après un dîner à Arcore qui se serait terminé en orgie. Les documents montrent aussi que Ruby tenait la comptabilité de l'argent reçu de M. Berlusconi d'abord pour ses prestations puis pour son silence. Elle aurait écrit une note disant: «4 millions et demi (d'euros) de B. d'ici à deux mois».

Dans d'autres écoutes, Nicole Minetti, 25 ans, hygiéniste dentaire de M. Berlusconi devenue début 2010 conseillère régionale de son parti, soupçonnée d'incitation à la prostitution de mineure en tant qu'organisatrice des soirées, lance des commentaires compromettants pour le Cavaliere.

«Quand il aura la trouille pour Ruby, il appellera et se souviendra de nous (...)», dit-elle à une autre invitée.

«Bunga bunga» ou dîners normaux

Aussi bien Ruby que M. Berlusconi ont nié tout rapport sexuel affirmant que les soirées surnommées «bunga bunga» et décrites par des participantes comme des orgies, n'étaient que des dîners normaux. «Tout cela est scandaleux», a réagi M. Berlusconi mercredi, avant d'ajouter: «j'ai déjà affronté des situations complexes, mais je m'en suis toujours bien sorti».

En parallèle des nouvelles fuites, l'entourage du Cavaliere a tenté de mettre dans l'embarras le président de la chambre des députés, Gianfranco Fini qui a rompu avec lui fin 2010. Le chef de la diplomatie, Franco Frattini, a rendu publics au Parlement jeudi des documents prouvant, selon lui, qu'Alliance Nationale, ex-parti de M. Fini, aurait vendu un appartement à Montecarlo à son beau-frère à un tarif avantageux.

Selon le politologue Ilvo Diamanti, pour le moment, l'affaire Ruby n'a pas modifié sensiblement les orientations politiques des Italiens qui continuent «à soutenir en majorité le centre-droit au pouvoir faute d'alternative crédible». «Il y a une sorte d'accoutumance», a-t-il dit à l'AFP évoquant les précédentes frasques sexuelles du Cavaliere.

(afp)

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