Néonazisme en Suisse: Une enquête pour complicité de meurtre
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Néonazisme en SuisseUne enquête pour complicité de meurtre

L'homme arrêté en Suisse en lien avec des crimes néonazis en Allemagne fait face à une enquête pour complicité de meurtre. Il était déjà soupçonné de soutien à une organisation criminelle.

Les enquêteurs tentent d'établir si ce citoyen suisse de l'Oberland bernois a donné au groupe extrémiste «Clandestinité nationale-socialiste» un pistolet de type Ceska qui a servi dans des meurtres racistes en Allemagne entre 2000 et 2007. Il avait été mis en détention provisoire après son arrestation le 7 février dernier, sur la base de soupçons de soutien à une organisation criminelle.

Ce volet initial de l'enquête reste au premier plan, a indiqué le porte-parole de la Police cantonale bernoise Michael Fichter, confirmant l'information parue mercredi dans le «Tages-Anzeiger» et le «Bund». La décision d'élargir l'enquête à une éventuelle complicité de meurtre est liée avant tout à des questions de procédure, a-t-il déclaré.

L'enquête en Suisse se fait à la demande de la police allemande. Selon des milieux juridiques, l'ajout du soupçon de complicité de meurtre permettrait de prolonger la détention provisoire. La police bernoise n'a pas souhaité s'exprimer sur cette hypothèse.

Le suspect nie l'accusation d'avoir transmis l'arme, indiquent encore les deux quotidiens alémaniques. Des dénégations qui ne semblent pas convaincre les enquêteurs. L'homme avait déjà été arrêté avec une arme non autorisée à bord de sa voiture et avait fait de la détention préventive.

Attentats à la bombe

La police ne dispose d'aucun indice d'éventuels liens du suspect avec les milieux d'extrême droite. Le 20 janvier dernier, un autre Suisse avait été interpellé dans la même affaire.

En Allemagne, l'existence de cette cellule néonazie a été révélée en novembre dernier. Trois membres de l'organisation sont soupçonnés d'avoir tué neuf personnes dans différentes régions d'Allemagne, huit Turcs et un Grec, des petits commerçants pour la plupart. Un des membres, une femme, s'est livrée à la police, les deux autres ont été retrouvés tués.

La cellule extrémiste, dénommée «Clandestinité nationale-socialiste», est également suspectée d'avoir préparé deux attentats à la bombe dans la métropole rhénane de Cologne en 2001 et 2004, qui avaient fait 23 blessés. Elle est aussi soupçonnée d'être à l'origine d'une série d'attaques à main armée dans des agences bancaires. (ats)

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