Actualisé 21.08.2008 à 20:44

GenèveUne entreprise mise en faillite pour... 380 francs!

Le patron avait oublié de payer
des frais de justice. Huit personnes se retrouvent au chômage.

Faut-il en rire ou en pleurer? Roque Pineiro, patron de la société d'installations sanitaires A. Alberto SA, lui, n'a vraiment pas le coeur à fanfaronner. Pour avoir fait preuve de négligence administrative, l'entreprise dont il a repris les rênes en mars a été mise en faillite le 15 août.

Le concours de circonstances est plus que malheureux. «Le 26 juin, mon client avait déjà vu sa société mise en faillite à la suite de poursuites, raconte son avocat. Mais l'entreprise étant saine, il avait fait appel et payé l'intégralité des dettes.»

Pour Roque Pineiro, à ce moment-là, tout était OK. Mais par courrier envoyé le 2 juillet, le patron est convoqué dans les bureaux de l'administration le 7 août pour signer quelques papiers afin de boucler l'affaire.

Dans la même missive, il est également invité à verser 380 fr. pour les frais. Hélas, le courrier lui échappe: «Je ne l'ai pas vu passer», dit-il. Roque Pinerio ne se rend pas au tribunal, ne paie pas la facture et part en vacances. A peine de retour, il voit arriver les huissiers. «Je leur ai proposé de payer les 380 fr., raconte-t-il désespéré. Ils n'ont rien voulu savoir.»

La faillite est définitivement prononcée, les serrures changées et les employés licenciés. Comble de l'ironie, le siège de l'entreprise est à deux pas de l'immeuble de l'Office des faillites. «Si rien ne change, explique Roque Pineiro, je devrai racheter ma société à l'Etat.»

Didier Tischler

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