Actualisé 12.02.2015 à 16:58

BerneUne entreprise vire plusieurs néonazis

La firme Mobitoil, qui loue des WC mobiles, a licencié plusieurs de ses employés, parce qu'ils sont soupçonnés d'être d'extrême droite.

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ofu/dmz

Qui ne connaît pas, à Berne, les WC mobiles de couleur turquoise de la marque Mobitoil, installés chaque année dans l'enceinte du Gurten Festival? L'entreprise, basée à Kirchberg (BE), fait actuellement parler d'elle, mais dans un tout autre contexte. Début janvier, le groupement Antifa Berne avait affirmé dans un communiqué de presse que la firme bernoise engageait cinq néonazis. Parmi eux, le gérant Alexander Rohrbach, accusé d'être liés aux groupes de rock d'extrême droite Indiziert et Von Glaz zu Glaz, écrit jeudi la «Berner Zeitung».

Peu après la publication du communiqué, la société Looser Holding, à qui appartient Mobitoil, avait affirmé vouloir vérifier ces accusations. Mercredi, la porte-parole Barbara Greuter s'est exprimée sur l'affaire: «Au sein de notre entreprise, nous ne tolérons pas les activités extrémistes de nos employés. Après avoir procédé à des vérifications, nous avons mis un terme à la collaboration avec plusieurs personnes». Barbara Greuter a néanmoins rejeté l'accusation selon laquelle Mobitoil était une sorte de lieu de rencontre pour néonazis.

La porte-parole a également refusé de préciser combien de personnes ont été licenciées au total. Une chose est sûre: Alexander Rohrbach occupe toujours le poste de patron. «Monsieur Rohrbach nous a assuré de manière crédible qu'il avait tourné le dos à la scène d'extrême droite depuis un certain temps déjà. Ce n'est pas à notre entreprise de punir les employés pour ce qu'ils ont fait dans le passé.»

Les récents licenciements ne semblent pas avoir eu de conséquences sur les affaires de la firme. Pour l'instant, note Barbara Greuter, Mobitoil n'a perdu aucun client. Une information confirmée par le chef du Gurten Festival: «Nous avons discuté avec les responsables de Looser Holding et nous avons estimé que les mesures prises étaient suffisantes», affirme Carlo Bommes.

Législation floue

En Suisse, on peut renvoyer quelqu'un sans justification. Mais le code des obligations interdit toutefois les licenciements liés à la personnalité. Or, «S'ils ont enfreint les règlements interne de l'entreprise, c'est un juste motif, estime le spécialiste des Ressources humaines Sébastien Devaux. De plus, on peut imaginer que l'entreprise perde des contrats commerciaux à cause de ces idées. Des organisateurs de manifestations religieuses ou politiques par exemple pourraient préférer se passer de leurs services.»

Mais pour Me Rémy Wyler, spécialiste du droit du travail: «De manière générale, licencier quelqu'un en raison de ses opinions politique est abusif. En revanche, si ces idées sèment le désordre ou portent atteinte au travail dans l'entreprise, c'est différent.» Quant au dégâts à l'image, l'avocat rejette cet argument

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