Actualisé 18.03.2011 à 10:29

Séisme au Japon

Une épidémie de grippe menace les survivants

Une semaine après le séisme, les survivants souffrent du manque d'aide médicale. Avec la vague de froid qui sévit dans le nord-est du Japon, la grippe menace.

Une semaine après le séisme, les médecins s'efforcent de secourir les blessés et les malades dans les centres d'hébergement privés d'eau courante et d'électricité du nord-est du Japon. Une épidémie de grippe menace, alors que sévit une vague de froid.

De nombreux survivants suivant un traitement médical ont quitté leur domicile sans prendre sur eux leurs médicaments. Ils sont le plus souvent hébergés dans des gymnases sans chauffage ni eau courante.

Dans le port de Kesennuma, l'hôpital Inawashiro, dont le rez-de-chaussée et le premier étage ont été dévastés par le tsunami, a dû évacuer ses 47 patients.

Ces malades souffrent pour la plupart de maladies chroniques ou de blessures liées au séisme, ou sont, pour certains, atteints de démence sénile.

Onze ont été confiés à leur famille, mais les 36 autres, dont une femme centenaire, ont été transférés dans la salle de classe d'une école primaire où ils ont été installés sur des futons à même le sol.

Cette école, qui abrite encore 400 autres réfugiés valides, n'a plus ni électricité ni eau courante et encore moins de chauffage. Comme dans la plupart des centres, les réfugiés y reçoivent un minimum de nourriture et d'eau, et pas grand-chose d'autre.

A la bougie

La nuit, trois médecins et onze infirmières, qui ont pour la plupart perdu leurs maisons dans le tsunami, passent avec des bougies dans l'école plongée dans le noir pour vérifier l'état de santé de leurs patients.

«Par ce temps froid, la santé de certains malades se détériore. Nous allons faire tout notre possible pour que leur état se stabilise jusqu'à qu'ils puissent être transportés ailleurs», déclare le docteur Mokesada Moriwaki.

«Nettoyer et faire revenir l'électricité à l'hôpital, c'est la priorité» pour le docteur Moriwaki, qui dort dans l'école avec ses patients. «Si nous ne faisons pas ça, nous ne pourrons pas protéger des vies». Mais le courant ne revient que très lentement dans la région et l'hôpital devra probablement attendre encore longtemps.

Malades chroniques

Pour Médecins sans frontières, qui a envoyé des équipes mobiles dans la préfecture de Miyagi, l'une des plus touchées par le séisme, la principale inquiétude réside dans les maladies chroniques des personnes âgées, comme l'hypertension ou le diabète.

«Leurs traitements ont été interrompus, et nos médecins font en sorte que les malades les reprennent pour ne pas se retrouver pas dans un état critique», a expliqué Eric Ouannes, directeur général de MSF Japon.

Par ailleurs, «il nous faut de toute urgence des couvertures pour protéger les plus vulnérables», selon M. Ouannes, qui précise qu'il y a eu de nombreux cas d'hypothermie.

Dialyses impossibles

Tandis que l'approvisionnement en vivres et en denrées de première nécessité s'est amélioré, le manque d'essence empêche les diabétiques de se rendre dans les cliniques ou dispensaires pour recevoir de l'insuline.

Les coupures de courant rendent également impossible les dialyses. Dans la ville seule d'Iwaki, quelque 800 patients atteints d'insuffisance rénale ont ainsi dû être acheminés jusqu'à Tokyo pour y recevoir leur traitement.

Equipes médicales épuisées

L'épuisement gagne en outre les équipes médicales qui ont travaillé presque sans discontinuer depuis le raz de marée et qui doivent elles aussi faire face à la pénurie d'eau et de nourriture.

Lee Yang Sung, un chirurgien de l'hôpital universitaire du Tohoku (Région Nord-Est) qui travaillait à l'hôpital Inawashiro le jour du séisme, est resté pour s'occuper des patients hébergés dans l'école.

«Beaucoup ont des problèmes respiratoires», constate le médecin avant d'ajouter que «l'eau chaude manque pour assurer l'hygiène des patients, et les escarres deviennent de plus en plus communes». «Nous avons atteint la limite de ce que nous pouvons faire», soupire le Dr Lee.

L'arrivée du tsunami du 11 mars:

(ats)

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