Neuchâtel: Une équipe de braqueurs lituaniens condamnée
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NeuchâtelUne équipe de braqueurs lituaniens condamnée

La justice a condamné mercredi trois hommes pour le vol de la bijouterie Bonnet, en 2015. Le butin n'a toujours pas été retrouvé.

Une septantaine de policiers avaient été mobilisés, en juillet 2015, pour le braquage de la bijouterie Bonnet, à Neuchâtel. (Photo d'illustration)

Une septantaine de policiers avaient été mobilisés, en juillet 2015, pour le braquage de la bijouterie Bonnet, à Neuchâtel. (Photo d'illustration)

Keystone

Trois Lituaniens de 35, 28 et 22 ans ont été condamnés pour le casse de la bijouterie Bonnet à Neuchâtel en 2015, dont le butin de 530'000 francs reste introuvable. Le Tribunal criminel du Littoral et du Val-de-Travers les a reconnus coupables de brigandage aggravé.

Le premier prévenu a écopé mercredi de 5 ans de prison ferme, et le deuxième de 4 ans ferme. Le plus jeune a été condamné à 3 ans de prison, dont 18 mois ferme et 18 mois avec un sursis de quatre ans.

La veille, la procureure Vanessa Guizzetti Piccirilli avait requis 6 ans de prison pour le plus âgé, et 4 ans et demi pour les deux autres. Les avocats avaient plaidé l'acquittement pour le plus âgé, 3 ans maximum pour le deuxième, et 17 mois pour le troisième.

Bande internationale

Le 10 juillet 2015 vers 14h00, trois individus ont surgi dans la bijouterie. Deux vendeuses ont été jetées au sol, menacées avec une arme de poing factice, aspergées de spray au poivre et menottées. Le déploiement d'une septantaine de policiers a permis d'arrêter deux braqueurs le jour même. Mais ils avaient plusieurs complices dehors.

Ce casse n'a pas eu lieu sous l'impulsion soudaine de quelques personnes, a souligné la présidente de la Cour Corinne Jeanprêtre. Il a été planifié par une organisation de grande ampleur avec des ramifications internationales. Pour la Suisse, cette plateforme a des bases arrières à Pontarlier et Mulhouse (F), et sur sol bâlois.

Il y a beaucoup d'intervenants et un partage des tâches, du repérage des lieux à la filière qui fait disparaître le butin, en passant par le recrutement des hommes et les transports. Les malfrats ont une signature typique: ils portent deux couches de vêtements et abandonnent la première couche en quittant la bijouterie.

«On nettoye et on rentre»

Les prévenus, issus de milieux défavorisés, ont été recrutés pour quelques milliers de francs chacun. Tous les trois ont agi sans scrupules, a relevé la juge.

Le plus âgé, qui niait toute implication dans ce casse, a en réalité participé activement à sa préparation, même s'il n'était pas dans le magasin. Et il a probablement fait le chauffeur pour ramener en Lituanie deux personnes qui transportaient les bijoux.

Son explication pour son ADN sur les menottes et l'arme (il aurait trouvé ces objets quelques mois plus tôt dans une voiture qu'il réparait) n'est pas crédible. C'est un profil ADN majeur, ça veut dire que c'est lui qui a déposé le plus d'ADN dessus, a dit la juge.

Il a aussi un lien étroit avec des actes similaires à Aarau quelques semaines plus tard. «On va nettoyer des bijouteries et on rentre», a-t-il écrit dans un message facebook. Et il avait déjà des antécédents.

«Un pari sur l'avenir»

Les deuxième et troisième prévenus, eux, avaient passé aux aveux. Le deuxième prévenu faisait partie du trio qui était à l'intérieur de la bijouterie. Il a jeté une vendeuse au sol avec brutalité. Ce n'est pas un novice, son casier judiciaire est relativement chargé.

Enfin, les juges font «un pari sur l'avenir» à l'égard du plus jeune prévenu. Il bénéficie d'un sursis partiel, notamment parce qu'à l'intérieur de la bijouterie, il a eu un rôle plus en retrait. Ce n'est pas lui qui a jeté au sol les vendeuses. Quand il s'est fait enrôler, il n'avait que 20 ans et il était plus vulnérable que les autres, après une enfance passée en foyer, a souligné la juge.

Le troisième voleur présent dans la bijouterie avait déjà été condamné à 12 mois de privation de liberté par la justice des mineurs. Plusieurs autres protagonistes ont été identifiés, dont certains devraient être jugés en Lituanie. Le butin de plus d'un demi-million de francs, lui, reste introuvable. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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