Libre circulation: Une étude fait le point sur la poussée migratoire dans les cantons
Actualisé

Libre circulationUne étude fait le point sur la poussée migratoire dans les cantons

Les accords bilatéraux ont changé la face de l'immigration en Suisse. Vaud s'invite dans le trio de tête des cantons ayant le plus fort taux d'étrangers résidents.

Pour la première fois, une étude se penche sur les conséquences pour les cantons.

Avec 29,4% d'étrangers résident en 2007, Vaud se hisse derrière Genève (34,9%) et Bâle-Ville (30,4%), indique l'étude de la Base de données des cantons et des villes suisses (BADAC) publiée lundi par l'Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP). Pour les auteurs de l'étude, cela révèle un dynamisme économique étonnant.

Entre 2002 et 2007, le nombre d'entrées d'étrangers en Suisse a atteint 629'581. Quinze pourcent, soit 94'869 ont été enregistrées dans le canton de Vaud, alors que celui-ci ne représente que 8,7% de la population résidente de Suisse, observe l'étude, mandatée par ce canton.

Ses auteurs ont scruté l'évolution de la population étrangère dans sept cantons représentatifs de Suisse et ses conséquences sur les services cantonaux des migrations: Berne, Genève, St-Gall, le Tessin, Vaud, Valais et Zurich.

Les étrangers ont aussi leur Röstigraben

Constat: l'immigration est loin d'être uniforme. Dans les cantons latins, la population étrangère est composée pour l'essentiel de ressortissants des pays latins de l'Union européenne (UE): 66% au Tessin, 60% en Valais, 51% dans le canton de Vaud et 50% à Genève. Les étrangers résidant dans les cantons alémaniques sont plus souvent issus des pays d'ex-Yougoslavie, d'Allemagne et de Turquie.

Les accords sur la libre circulation des personnes avec l'UE et le tour de vis à l'encontre de l'immigration des pays tiers ont pesé dans la balance, favorisant l'arrivée de personnes attirées par l'emploi et la bonne conjoncture économique. Entre le 1er janvier 2002 et le 31 décembre 2008, le motif d'entrée en Suisse pour activité lucrative est passé de 30 à 50%, dépassant le regroupement familial. Ce dernier représentait encore 42% des demandes en 2002, note l'IDHEAP.

Si elle est restée stable au niveau suisse (13%), l'immigration pour raison d'étude a fait un bond dans le canton de Vaud. Ce motif a atteint 23% en 2007.

Frontaliers en nombre

Autre fait saillant, l'augmentation du nombre de frontaliers. Ceux-ci ont passé de 160'000 à 208'000 au niveau suisse entre début 2002 et fin 2008. En nombre absolu, Vaud arrive en 4e position derrière Genève, le Tessin et Bâle-Ville. A Genève, le taux de frontaliers a fait un bond de 63% entre 2002 et 2008.

Selon l'IDHEAP, les cantons accueillent d'ailleurs de plus en plus d'»étrangers de proximité»: Français en Suisse romande, Allemands Outre-Sarine, Italiens au Tessin.

Pour 2009, il semble que, contrairement aux attentes et malgré la crise, la poussée migratoire issue de l'UE soit restée très forte, observe Christophe Koller, chef de projet à l'IDHEAP et responsable de la BADAC.

Administration sous pression

Malgré les simplifications de procédures pour les citoyens de l'UE, cette poussée migratoire a mis les services concernés sous pression. Celle-ci se traduit notamment par le nombre de dossiers en attente. Fin 2007, il y en avait 9469 dans le canton de Vaud, 6575 à Zurich et 5878 au Tessin.

Vaud s'avère d'ailleurs légèrement sous-doté en personnel. Sa division des étrangers représente 0,6% des effectifs de son administration, contre une moyenne suisse de 0,8%. L'étude met le doigt sur les difficultés auxquelles est confronté ce grand canton, constitué de nombreuses petites communes, face à une forte pression migratoire.

La délégation de tâches aux communes ne pose en revanche pas de problèmes à Zurich ou au Valais, relève l'étude. D'autres cantons ont régionalisé leur service des migrations, comme le Tessin ou Berne. St-Gall et Genève ont cherché des solutions du côté de l'électronique. L'étude ne se prononce toutefois pas sur la pertinence de telle ou telle solution: aux cantons de choisir. (ats)

Ton opinion