Culture - Une expo virtuelle permet de «sentir» les œuvres
L’expérience offerte par Musée Mauritshuis est la première du genre.

L’expérience offerte par Musée Mauritshuis est la première du genre.

Pexels/Grabowska
Publié

CultureUne expo virtuelle permet de «sentir» les œuvres

Une exposition temporaire et virtuelle du musée néerlandais Mauritshuis fait découvrir au public de l’art… via ses narines!

par
Camille Pagella

«Sentir le XVIIe siècle.» Vous en avez rêvé? C’est aujourd’hui possible et tout cela depuis son canapé, jusqu’au 29 août prochain. En effet, le musée Mauritshuis de La Haye aux Pays-Bas, connu pour abriter les plus belles peintures du siècle d’or néerlandais (le XVIIe justement), propose une expérience inédite mondiale: mélanger art, odorat et virtualité.

Regarder des peintures avec son nez et retrouver des odeurs oubliées du XVIIe siècle. Voilà qui est bien inhabituel, pourtant c’est exactement ce que propose l’exposition «Fleeting – Scents in Colour» (Parfums en couleurs). Le concept est le suivant: vous suivez à distance une visite filmée et guidée par le journaliste culinaire. Joël Broekaert et la conservatrice du musée Mauritshuis, Ariane van Suchtelen. Cette visite, à vous de l’agrémenter depuis votre canapé avec une boîte de parfums (envoyée directement chez les participants pour la somme de 20 euros soit moins de 22 francs), dont chaque fragrance correspond à une œuvre.

Pour choisir les odeurs correspondantes à chaque œuvre, l’équipe du musée a décidé de mettre en valeur le parfum d’un des objets présents sur la toile. Un canal nauséabond, une bouse de vache ou un personnage à l’hygiène douteuse, voilà notamment un avant-goût de certaines senteurs assez communes au XVIIe siècle, mais, et le musée nous rassure, certaines sont très agréables.

Un pomander contre la peste

Ce pomander, qui date probablement de l’année 1620, vient du nord du pays.

Ce pomander, qui date probablement de l’année 1620, vient du nord du pays.

Musée Mauritshuis

Le must? Un parfum très particulier et connu de l’époque, celui du pomander. Cet accessoire de mode, également connu sous le nom de pomme de senteur, était porté par des femmes riches. Il prenait la forme d’une pomme en argent et se portait à la ceinture ou en pendentif autour du cou. À l’intérieur? Plusieurs fragrances qui, lorsqu’elles sont inhalées, se mélangent. Ces combinaisons typiques de l’époque étaient notamment recommandées par l’Église pour se prémunir des épidémies de peste noire dont le «mauvais air» était tenu responsable. Voici ce que vous sentirez: différentes résines, musc, civette, clou de girofle, lavande, cyprès, racine d’iris et ambre gris, ainsi qu’une gomme adragante séchée et dissoute dans de l’aquavit ainsi que de l’eau de rose.

L’exposition est aussi accessible aux visiteurs de passage à La Haye.

L’exposition est aussi accessible aux visiteurs de passage à La Haye.

Musée Mauritshuis

Les parfums, qui ont été produits par l’IFF (International Flavors and Fragrances) la troisième plus grosse entreprise du secteur derrière les genevois Givaudan et Firmenich, sont en partie basés sur des formules datant du XVIIe siècle. Et, pour ceux qui seraient de passage à La Haye, il est aussi possible de visiter cette exposition olfactive. Aux pieds des œuvres d’art, une pompe à parfum permet aux visiteurs la même expérience qu’aux casaniers.

Ton opinion

0 commentaires