Trafic aérien: Une faillite laisse 110'000 passagers sur le carreau

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Trafic aérienUne faillite laisse 110'000 passagers sur le carreau

Des avions vont être spécialement affrétés pour rapatrier les voyageurs de la compagnie britannique Monarch, qui a déposé le bilan.

Les avions de Monarch, immobilisés sur le tarmac de l'aéroport londonien de Luton.

Les avions de Monarch, immobilisés sur le tarmac de l'aéroport londonien de Luton.

AFP

La compagnie aérienne britannique Monarch a annoncé lundi avoir déposé le bilan, l'obligeant à annuler des milliers de réservations. En Suisse, l'aéroport de Genève n'est pas touché par ces annulations.

L'entreprise a mis fin à ses activités et a annulé quelque 300'000 réservations, ce qui a déclenché une vaste opération de rapatriement. Selon le ministère britannique des Transports, il s'agit de la plus importante action de ce type en temps de paix pour le pays.

C'est la plus grosse compagnie aérienne britannique à être placée en cessation de paiement, a précisé l'Autorité britannique de l'aviation civile (CAA). Cette dernière va organiser, à la demande du gouvernement britannique, le retour des 110'000 passagers de Monarch à l'étranger.

Trente appareils mobilisés

Les autorités vont mobiliser 30 appareils vers 30 aéroports pour faire face à cette situation inédite, sans aucun surcoût pour les clients. Mais les voyageurs devront probablement s'armer de patience.

En Suisse, Monarch n'opère que l'hiver à l'aéroport de Genève, a expliqué à l'ats Bertrand Stämpfli, porte-parole de Genève Aéroport. Les créneaux horaires libérés par la compagnie britannique seront récupérés par d'autres sociétés.

Guerre des prix

Toutes les autres réservations proposées par l'entreprise, vols et séjours compris, sont annulées. Les autorités et la compagnie restent également floues sur l'avenir du transporteur.

«Nous savons que la décision de Monarch de cesser ses activités sera très pénible pour l'ensemble des clients et des employés», a déclaré Andrew Haines, directeur général du CAA, cité dans un communiqué.

Interrogé sur la radio BBC 5, le ministre des Transports, Chris Grayling, a jugé que «l'entreprise avait été victime d'une guerre des prix dans la Méditerranée». Il ajoute avoir déjà échangé avec des responsables de l'industrie aérienne pour qu'ils embauchent au plus vite le personnel de Monarch.

Appareils cloués au sol

Désormais en cessation de paiement (ou «administration»), la société, dont le siège est situé à l'aéroport londonien de Luton et qui emploie 2100 collaborateurs à la fois en tant que compagnie aérienne et tour-opérateur, est placée entre les mains du cabinet KPMG. Ce dernier a été nommé administrateur du groupe.

KPMG a précisé, dans un communiqué, qu'en déposant le bilan, Monarch a été privé de son certificat de transport aérien et donc de sa capacité à opérer. Tous ses avions sont en effet cloués au sol.

Le cabinet ajoute que l'annonce de la cession de paiement est intervenue très tôt lundi, au seul moment de la journée où aucun avion de la compagnie n'est dans le ciel. «Une pression sur les coûts de plus en plus importante et des conditions de marché toujours plus concurrentielles sur les court-courriers en Europe ont contraint Monarch à subir des pertes sur une longue période. Cela a débouché sur la décision de la direction de nous désigner en tant qu'administrateurs tôt ce matin», a expliqué Blair Nimmo, associé chez KPMG.

Ciel nuageux

Fondé en 1968, Monarch est une compagnie très prisée des vacanciers britanniques à la recherche de destinations ensoleillées. Mais l'entreprise connaît des difficultés chroniques en raison notamment d'une forte concurrence.

La compagnie avait notamment bénéficié, en octobre 2016, de l'injection d'argent frais à hauteur de 165 millions de livres (212 millions de francs au cours actuel) de la part de son principal propriétaire. Il s'agit du fonds d'investissement Greybull Capital. Cette recapitalisation lui avait permis de renouveler sa licence pour un an alors que la compagnie avait prévenu devoir faire face à un contexte difficile, entre attentats terroristes, chute de la livre britannique et incertitudes liées au Brexit.

Période trouble pour le secteur

La déconfiture de Monarch intervient dans une période trouble pour le secteur aérien, en pleine crise des annulations de la compagnie irlandaise à bas coût Ryanair. Cette accumulation de mauvaises nouvelles inquiétait les passagers sur les réseaux sociaux, à l'image de Holly-Rae Copeland sur Twitter: «Juste quand tu penses que tu as évité les annulations de vols de Ryanair, Monarch est placé sous administration le jour de ton vol».

Les difficultés de Ryanair sont toutefois bien différentes de celles de Monarch. En bien meilleure santé financière, le transporteur irlandais fait face à de graves problèmes dans l'emploi du temps de ses pilotes qui ont trop de vacances à poser simultanément, ce qui crée des pénuries passagères. La compagnie prévoit en effet de supprimer 20'000 vols jusqu'en mars prochain, affectant plus de 700'000 passagers ayant déjà une réservation. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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