Actualisé 30.06.2020 à 12:42

Avenches (VD)

Une faillite précipitée inquiète les députés vaudois

Le 11 mai, une quarantaine d’employés de Day Medical étaient licenciés. La société a ensuite été mise en faillite. Une élue craint une éventuelle fraude aux RHT et aux prêts Covid-19.

Soutenus par le syndicat Unia, les employés avaient manifesté le 11 juin contre leur licenciement.

Soutenus par le syndicat Unia, les employés avaient manifesté le 11 juin contre leur licenciement.

Jean-Paul Guinnard/24 Heures

Le Grand Conseil vaudois a adopté mardi une résolution urgente pour demander au Conseil d'Etat d'examiner une éventuelle fraude aux RHT et aux prêts Covid de la part de l'entreprise Day Medical et de dénoncer pénalement ces agissements le cas échéant.

La résolution, qui demande également que le gouvernement fasse tout son possible pour que les RHT demandées par les employés de l'entreprise leur soient effectivement versées, a été déposée par la socialiste Valérie Induni.

Quarante employés licenciés

Day Medical a licencié le 11 mai sa quarantaine d'employés sans aucune consultation des partenaires sociaux. Le même jour, la PME d'Avenches active dans les analyses médicales a ouvert une procédure de faillite, tandis que la société Haemokinesis (qui avait racheté Day Medical en octobre 2018), basée en Australie, demandait aux clients de Day Medical de s’acquitter de leurs factures en cours sur un compte Haemokinesis.

Les employés se sont adressés au Ministère public du canton pour demander que des mesures soient entreprises pour éviter un siphonnage des actifs, a relevé la députée. Elle a expliqué qu'elle se basait sur des informations transmises par Unia et «PME Magazine».

Prêt Covid-19 de 250’000 francs

La société Day Medical aurait par ailleurs obtenu un prêt Covid-19 de 250'000 francs et des prestations des RHT. «Le fait pour une entreprise de toucher un prêt Covid-19 et des RHT, tout en procédant à un licenciement collectif et en lançant une procédure de faillite nous heurte particulièrement», a souligné la députée.

La justice traitera ce dossier en toute indépendance, mais le politique a son rôle à jouer, ont estimé les partisans de la résolution. «Nous devons rappeler notre indignation dans ce genre de cas», a déclaré le Vert Vassilis Venizelos. «Si ce cas est regrettable, ce ne sera pas le seul. Il faut laisser la justice faire son travail», a estimé pour sa part la PLR Carole Dubois.

Déjà une dénonciation

«Les prêts Covid 1 sont une procédure entre l'entreprise, la banque et la Confédération; mon administration n'est pas partie à cette procédure. Elle ne peut donc pas déposer une plainte pénale», a déclaré le conseiller d'Etat en charge de l'économie Philippe Leuba.

Il en va différemment pour les RHT, a poursuivi le ministre. La caisse de chômage cantonale a d'ores et déjà dénoncé au Parquet l'entreprise en question pour avoir fourni des renseignements apparemment faux.

«La justice suivra son cours. Les faits nous semblent en effet suffisamment graves pour que la dénonciation ait été faite sans attendre la présente résolution», a-t-il poursuivi.

Le Conseil d'Etat trouve «scandaleux» ce type de comportement, a relevé le ministre. Au vote, la majorité des députés ont accepté la résolution par 62 oui contre 55 non et quatre abstentions.

Autre version

Contactée à mi-juin, l'entreprise Day Medical avait donné une autre version des faits. Ce qui s'est passé, c'est un effet domino de la crise du coronavirus, avait-elle expliqué. Fermer n'était pas dans les plans de l'entreprise et tout a été fait pour payer les salaires, selon elle.

(ATS)

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36 commentaires
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voyons voir

01.07.2020 à 12:09

Combien d'expats de l'UE dans le lot ?

De chez Symbion

01.07.2020 à 11:49

Gay Medical bonjour

Honda la belle

30.06.2020 à 15:52

Ça serait souhaitable de contrôler certaines sociétés qui ont le même patron sur Fribourg et Vaud dans la construction !