Antilles: Une famille dérive trois jours sur un radeau
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AntillesUne famille dérive trois jours sur un radeau

Une famille nantaise vient de passer trois jours et deux nuits à la dérive dans un radeau de survie aux Antilles, après le naufrage du catamaran sur lequel elle passait ses vacances de Noël.

"C'est l'eau qui aurait fini par manquer" a raconté à l'AFP Pascal Bazin, le père de famille, joint au téléphone depuis la Martinique, avant qu'il ne s'embarque vers la France pour regagner son domicile.

"Nous avions un jerrycan et des poches d'eau", mais "on ne pouvait pas ouvrir le radeau à cause des vagues déferlantes et il faisait très chaud à l'intérieur. On ne pouvait pas se laisser déshydrater", a-t-il raconté.

La famille Bazin était venue de Nantes passer trois semaines de vacances aux Antilles, sur le catamaran familial, "L'île-déal" qu'elle avait elle-même convoyé à la Martinique début 2008 à travers l'Atlantique, selon le récit de Pascal Bazin (48 ans).

Elle était descendue aux Grenadines, et remontait vers la Martinique lorsque le bateau a été frappé le vendredi 26 décembre au matin par une "vague exceptionnelle", à 40 milles à l'ouest de Saint-Vincent, a indiqué le plaisancier.

Le bateau a commencé à se disloquer, et Pascal Bazin, qui avait encore "du courant et des outils", a essayé de le réparer, avant de décider l'évacuation sur le radeau de sauvetage.

"C'est la première fois que je voyais de telles conditions qui correspondent en Bretagne à une mer déchaînée de force 10, alors que le vent était de force 6-7", a-t-il dit.

La longue dérive qui a suivi a été "très impressionnante, très difficile à vivre", selon Joëlle Bazin, l'épouse de Pascal. "On ne savait pas si une vague allait nous embarquer, il fallait sans cesse équilibrer le radeau".

La nuit du vendredi au samedi, un cargo repère les naufragés, mais l'état de la mer fait échouer le sauvetage. Le bateau repart, signalant la position du radeau.

"C'était très difficile de le voir partir", raconte Joëlle Bazin, même si la famille gardait espoir de voir arriver des secours. Mais le deuxième jour s'écoule, et les naufragés ne voient rien venir.

"Quand la nuit est tombée au soir du 2ème jour, le moral a baissé. On n'a pas dormi de la nuit (...) On avait pris trop de choses dans le bateau, on a jeté des valises pour pouvoir allonger les jambes. On a conservé le strict nécessaire, notamment la VHF (radio portable)", a-t-elle dit.

Le dimanche, un appel de détresse relancé sur VHF (radio portable), dont les batteries s'épuisent, est tout de suite capté par un avion de recherche. Et un navire de la Marine de Trinidad récupère les naufragés "à la tombée de la nuit".

"On ne s'est pas relâchés car les déferlantes pouvaient très bien nous renverser. Quand on a vu le zodiac arriver, c'était grandiose. on se serait cru dans un film", a indiqué Joëlle Bazin.

Les deux enfants du couple, une fille de 13 ans et un garçon de 12 ans "n'ont pas paniqué, ou ne l'ont pas montré en tout cas". "En février, nous avions traversé l'Atlantique, cela nous a aidé", a expliqué Joëlle Bazin.

La famille devait passer le réveillon de la Saint-Sylvestre à bord de l'avion les ramenant en métropole jeudi matin. (afp)

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