Genève: Une famille grelotte dans un appart loué par la Ville
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GenèveUne famille grelotte dans un appart loué par la Ville

Un couple et ses enfants vivent sans chauffage dans un logement social situé à Vernier (GE). Les autorités genevoises justifient la situation.

par
Julien Culet
Edison est prêt à payer un loyer plus élevé si des travaux sont effectués.

Edison est prêt à payer un loyer plus élevé si des travaux sont effectués.

Des fenêtres délabrées et rafistolées avec du scotch, une cave inondée et, surtout, une absence totale de chauffage. Edison est à bout. Avec sa femme et ses deux enfants âgés de 16 et 5 ans, il vit depuis octobre dans un quatre-pièces de Vernier (GE) loué par la Ville de Genève. Avec le froid de ces dernières semaines, la vie de la petite famille équatorienne a viré au cauchemar. Malgré l'achat par Edison de plusieurs radiateurs électriques, il ne fait que 10 degrés en plein après-midi. «La nuit, ma fille et mon fils dorment avec deux pulls, sous trois couvertures. Mais tout est humide et froid, c'est l'horreur», témoigne le papa.

«Hélas mieux que rien»

Quand elle a proposé le logement, la Ville a essuyé de nombreux refus. Edison, lui, a accepté à la fin de l'été. «Nous étions dans un petit studio. Cette situation ne pouvait plus durer. Et on nous a fait comprendre que c'était ce logement ou rien», explique le trentenaire. Il a depuis sollicité les autorités pour effectuer des travaux. Sans succès. La Ville de Genève assume. «C'est une situation complexe. Le bâtiment est destiné à être détruit à brève échéance. Installer le chauffage coûterait 20'000 francs par logement, indique Sylvie Bietenhader, directrice de la Gérance immobilière municipale. Nous avons le choix entre le condamner ou l'utiliser pour fournir un toit à des personnes qui en ont désespérément besoin.»

Les autorités justifient ces conditions de vie difficiles par un loyer peu élevé: 400 fr. par mois pour un appartement de 64m2. «Il s'agit de personnes qui sortent d'une situation dramatique. D'une certaine manière, c'est hélas mieux que rien, même si la solution n'est pas idéale», poursuit Sylvie Bietenhader. Cette dernière précise qu'il y a actuellement 3800 personnes en attente d'un logement, pour environ 250 attributions par an.

Des aménagements à négocier

«On ne peut pas habiter avec 10 degrés dans son logement. Cela dépasse la marge acceptable, même avec un loyer bas», juge Christian Dandrès, avocat à l'Asloca. D'après lui, Edison est en droit de demander des aménagements. L'association de défense des locataires évite généralement les procédures judiciaires, souvent longues et coûteuses. «En principe, on arrive à trouver un terrain d'entente avec la Ville pour une solution proportionnée qui prend en compte la future démolition du lieu», explique l'homme de loi. Des chauffages d'appoint peuvent notamment être fournis par les autorités.

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