Sri Lanka:: Une famine menace plus de 100 000 civils
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Sri Lanka:Une famine menace plus de 100 000 civils

Le chef humanitaire de l'ONU est attendu samedi au Sri Lanka pour exhorter Colombo à protéger plus de 100.000 civils touchés par la guerre entre l'armée et les rebelles tamouls, qui ont prévenu d'un risque de famine pour les habitants encore coincés dans la zone du conflit.

Le responsable des questions humanitaires aux Nations unies, John Holmes, doit arriver dans la capitale sri-lankaise vers 23H00 (17H30 GMT).Pendant trois jours, «il discutera avec le gouvernement de questions de la plus haute importance, y compris de la nécessité de faciliter (..) les missions humanitaires cruciales» dans le nord-est de l'île, a annoncé une porte-parole de l'ONU à New York.Le Sri Lanka est sous très forte pression internationale sur le sort de quelque 100.000 civils qui ont fui les combats et de dizaines de milliers toujours pris au piège avec les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE).Bailleurs de fonds au Sri Lanka, «les Etats-Unis sont profondément préoccupés par la détresse de civils innocents (.) et par le bilan des morts (qui est) en augmentation», a déclaré la Maison Blanche.«Nous appelons les deux parties à cesser immédiatement les combats et à laisser les civils quitter en toute sécurité la zone des combats», a sommé la présidence américaine.Depuis des semaines, le Sri Lanka -ex-colonie britannique, très jaloux de sa souveraineté- rejette exhortations internationales et appels du LTTE à une trêve humanitaire et reste sourd à la colère de la diaspora tamoule en Occident.Son ambassadeur auprès de l'ONU à Genève, Dayan Jayatilleke, a exclu toute «pause humanitaire» arguant que «le plus grand nombre de civils qui ont fui (...) ne l'ont pas fait pendant une pause humanitaire (...) mais du fait des opérations militaires» cette semaine.L'ONU pense que 95.000 habitants tamouls ont quitté la zone de guerre depuis le début lundi d'un exode massif de civils. Il en reste cependant 50.000 retenus avec les Tigres, selon les Nations unies.L'armée qui estime à 15.000, servant de «boucliers humains» aux insurgés dit poursuivre à la faveur de son offensive «la plus grande opération au monde de libération d'otages».Plus de 6.500 civils ont probablement été tués et 14.000 blessés depuis janvier, selon l'ONU, depuis que l'armée a lancé l'offensive «finale» dans un nord-est aujourd'hui dévasté.Un dernier carré de combattants des Tigres, commandé par Velupillai Prabhakaran, sont acculés sur une bande côtière de 10 km2, à la sortie du bourg de Puttumatalan où des journalistes étrangers ont, pour la première fois vendredi, été emmenés par l'armée.C'est là que M. Prabhakaran -surnommé Tigre numéro 1- se terre, a déclaré le général Shavendra Silva, craignant qu'«il ne tente de s'échapper à tout instant».Invisible depuis 18 mois, il est depuis 37 ans à la tête de cette redoutable guérilla jusqu'au-boutiste. Les Tigres, préférant se suicider plutôt que de se rendre, portent sur eux une pastille de cyanure.En pleine débâcle, les séparatistes ont averti qu'«une famine était imminente pour 165.000 personnes vivant dans la région (du conflit) en raison de la baisse des stocks (de vivres) et du blocage délibéré des ravitaillements» par Colombo.«Nous craignons (...) une crise identique à celle du Darfour, voire plus meurtrière (et) sommes disposés à engager un dialogue constructif pour régler la crise humanitaire», ont assuré les rebelles.Une équipe française est également attendue au Sri Lanka samedi pour trouver le meilleur endroit pour installer un hôpital de campagne promis par Paris avec 100 lits et 75 personnels médicaux. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, devrait se rendre à Colombo la semaine prochaine. (afp)

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