Actualisé 13.07.2016 à 18:20

Attentats de Paris

Une fausse rescapée du Bataclan condamnée

Une jeune femme de 31 ans a écopé de six mois de prison avec sursis pour avoir réclamé des dédommagements après les attaques du 13 novembre.

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Quatre ans après les attentats du 13 novembre 2015, les victimes se reconstruisent pas à pas, en attendant le procès. (Mercredi 13 novembre 2019)

Quatre ans après les attentats du 13 novembre 2015, les victimes se reconstruisent pas à pas, en attendant le procès. (Mercredi 13 novembre 2019)

Keystone
L'avocat d'Abdeslam demande à ce que le procès où doit comparaître le seul survivant du commando des attentats de Paris, prévu lundi prochain à Bruxelles, soit reporté. D'autre part, «le transfèrement de Salah Abdeslam et sa remise aux autorités judiciaires belges est annulée», a affirmé de son côté sur son site internet la chaîne publique RTBF. Le prévenu ne sera pas extrait de sa cellule en France pour l'audience en Belgique. (13 décembre 2017)

L'avocat d'Abdeslam demande à ce que le procès où doit comparaître le seul survivant du commando des attentats de Paris, prévu lundi prochain à Bruxelles, soit reporté. D'autre part, «le transfèrement de Salah Abdeslam et sa remise aux autorités judiciaires belges est annulée», a affirmé de son côté sur son site internet la chaîne publique RTBF. Le prévenu ne sera pas extrait de sa cellule en France pour l'audience en Belgique. (13 décembre 2017)

AFP/archive/photo d'illustration
Salah Abdeslam, seul survivant des commandos djihadistes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, sera remis à la Belgique le temps de son procès pour une fusillade pendant sa cavale, mais des discussions continuent sur les conditions de ce transfert sous haute sécurité. (27 novembre 2017)

Salah Abdeslam, seul survivant des commandos djihadistes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, sera remis à la Belgique le temps de son procès pour une fusillade pendant sa cavale, mais des discussions continuent sur les conditions de ce transfert sous haute sécurité. (27 novembre 2017)

AFP

Pour obtenir 10'000 euros d'indemnisation (quelque 10'918 francs), elle avait tout inventé: sa présence au Bataclan le 13 novembre au côté d'une victime décédée, sa fuite par une fenêtre, les «blessures», la «dépression». Une jeune femme de 31 ans a été condamnée mercredi à six mois de prison avec sursis.

Dans le box du tribunal correctionnel de Bobigny, l'impassibilité de la prévenue, veste en cuir beige sur une robe légère, soleil tatoué sur le cou, tranche avec le malaise des magistrats et des avocats. La présidente déroule le récit des faits.

«L'infirmier m'a donné l'idée»

Le 13 novembre 2015, la jeune femme est hospitalisée dans une clinique de la région parisienne pour une intervention bénigne, lorsqu'elle prend connaissance de la tuerie perpétrée à Paris et Saint-Denis. «L'infirmier m'a donné l'idée», dit-elle.

Trois semaines après les attentats, elle sollicite le Fonds de garantie des victimes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI), auquel elle déclare avoir été blessée dans la salle de concert parisienne, où elle se serait trouvée avec un ami -un homme réellement décédé sur place, qu'elle présente comme un proche. Elle prétend avoir réussi à s'échapper par une fenêtre en «se faisant un bobo au doigt».

Après avoir réuni un dossier compilant certificats médicaux falsifiés, fausses attestations et faux témoignage, elle réclame 10'000 euros. Mais les juges d'instruction parisiens, pointant des incohérences, saisissent le parquet de Bobigny pour des vérifications.

Elle relance sept fois le fonds

Ne voyant pas le versement arriver, la fausse rescapée relancera pas moins de sept fois le fonds, évoquant dans ses courriels «blessures», «flash-back» et «dépression». Ce n'est que lors de son placement en garde à vue, mardi, qu'elle a admis avoir tout inventé.

«Pourquoi avoir trompé le fonds de garantie? Les policiers? La société?» «J'avais des problèmes, je n'arrivais pas à payer la facture de la clinique, il restait 144 euros à payer. Et puis j'avais des problèmes de loyers impayés, j'ai perdu mon travail» chez Franprix. Réfugiée politique camerounaise arrivée en France en 2007, elle va jusqu'à accuser le fonds de «discrimination».

«On ne peut pas jouer avec la mémoire de 130 personnes pour 144 euros», s'émeut la procureure. «Vous avez pensé à la victime? À sa compagne qui a été appelée six mois après par la PJ (qui cherchait à vérifier la véracité de son témoignage, ndlr)? Cette compagne qui vous a contactée par Facebook pour que vous lui racontiez ce qui s'est passé ce soir-là, et que vous avez envoyée bouler.» «Il y a aussi de la morale dans cette affaire très particulière», lance la magistrate avant de réclamer douze mois avec sursis.

«Je ne veux pas jouer sur la mémoire des morts», a répondu la prévenue, concédant que ce n'était «moralement pas bien, malsain d'avoir commis cette démarche». Présentée comme «totalement déphasée» par son avocate, elle lâche sans grande conviction le mot de «honte».

«L'infraction est moralement intolérable»

Le tribunal l'a finalement condamnée à six mois avec sursis et lui a demandé de verser 1 euro de dommages et intérêts au Fonds de garantie, partie civile. Pour Me Jean-François Laigneau, l'avocat du fonds, «l'infraction est moralement intolérable». Les salariés, qui ont déjà indemnisé 2600 personnes pour un total de 35 millions d'euros, «ont été ébranlés, choqués par son insistance», a-t-il dit.

Une autre jeune femme, âgée de 24 ans, sera jugée à Versailles le 21 novembre pour escroquerie et tentative d'escroquerie. Elle avait prétendu s'être trouvée sur la terrasse du bar Le Carillon, cible des djihadistes le soir des attentats parisiens.

Me Laigneau a précisé que seuls ces deux cas avérés de fraude se retrouvent devant la justice. Mais des «doutes» existent sur d'autres dossiers. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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