Prothèses mammaires: Une femme de 53 ans décède: enquête relancée
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Prothèses mammairesUne femme de 53 ans décède: enquête relancée

Une quinquagénaire a perdu la vie. On soupçonne la rupture de ses implants mammaires.

Une femme de 53 ans, porteuse de prothèses mammaires commercialisées par la société varoise Poly Implant Prothèse (PIP), dont le gérant est actuellement sous le coup d'une enquête judiciaire, est décédée lundi à Marseille, a-t-on appris jeudi auprès de l'Association des porteuses de prothèses PIP (PPP). Plus de 1400 plaintes ont été déposées auprès du pôle de santé publique du parquet de Marseille par des femmes porteuses de ces implants depuis mars 2010 et plus de 30'000 femmes portent des prothèses PIP en France.

La soeur de la défunte devrait déposer vendredi une plainte pour «homicide involontaire» entre les mains du procureur de la République de Marseille, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

Le médecin-expert de l'association, le Dr Dominique-Michel Courtois, a pour sa part réclamé jeudi la création d'un fonds d'indemnisation d'urgence. «Beaucoup de femmes n'ont pas les moyens de se faire enlever les prothèses en cause. On est maintenant dans l'urgence. On bascule dans une autre dimension», a-t-il précisé à l'Associated Press.

«C'est avec une profonde tristesse et une colère non dissimulée que l'association vous annonce le premier décès parmi les victimes PIP», avait annoncé l'association dans un communiqué. Selon PPP, un lien a été établi entre le décès de la victime, morte lundi d'un lymphome, et la rupture de ses prothèses. Une expertise sera toutefois ordonnée par la justice dans les jours qui viennent.

La présidente de l'association PPP, accompagnée du médecin-expert de l'Association, doit être reçue le 14 décembre au ministère de la Santé.

Ruptures anormalement élevées

Une enquête avait été ouverte à Marseille en mars 2010. Dans le même temps, les prothèses défectueuses, à base de gel de silicone industriel, ont été retirées du marché par l'Agence des produits de santé (Afssaps) et la société PIP a été mise en liquidation judiciaire. Un taux de rupture anormalement élevé avait alerté les autorités sanitaires. Les implants fabriqués par la société varoise avaient été retirés en raison de la non-conformité du gel utilisé, qui pourrait avoir des effets cancérigènes.

On précisait jeudi de source proche de l'enquête que deux volets ont été ouverts dans cette affaire de prothèses mammaires présumées défectueuses. «Un premier volet qui porte sur les faits de tromperie est terminé. Il sera jugé dans quelques mois devant le tribunal correctionnel de Marseille. Le second volet qui concerne les faits de 'blessures involontaires et homicide involontaire' fait toujours l'objet d'une enquête du pôle de santé publique du parquet de Marseille», ajoute-t-on. (ap)

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