Actualisé 29.01.2011 à 12:17

Peine de mort

Une femme pendue pour trafic de drogue

Cette mesure est intervenue en dépit de l'intervention des Pays-Bas et des appels de l'UE à un moratoire sur les exécutions, qui se sont accélérées depuis le début de l'année en Iran.

L'Iran a pendu samedi une Irano-Néerlandaise, Sarah Bahrami. «Sahra Bahrami (...), qui avait été condamnée pour avoir vendu et possédé de la drogue, a été pendue tôt samedi matin», a dit le bureau du procureur de Téhéran dans un communiqué.

Le communiqué précise que Mme Bahrami avait été condamnée à mort par un tribunal révolutionnaire pour «la possession de 450 grammes de cocaïne et pour sa participation à la vente de 150 grammes de cocaïne».

A La Haye, un porte-parole du ministère néerlandais des Affaires étrangères a annoncé qu'en fin de matinée, les Pays-Bas n'avaient «toujours pas» reçu de confirmation officielle de l'exécution, et que l'ambassadeur d'Iran avait été convoqué «afin d'élucider ces informations».

Arrêtée en 2009

Sahra Bahrami, 46 ans, avait été condamnée à mort le 2 janvier, selon la radio néerlandaise citant la fille de Mme Bahrami.

Arrêtée en décembre 2009 à Téhéran alors qu'elle participait à une manifestation contre la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad, Sahra Bahrami faisait aussi l'objet d'un procès pour appartenance à un groupe armé opposé au gouvernement, selon sa fille.

Le communiqué du procureur de Téhéran confirme que Mme Bahrami a été «arrêtée pour crimes relatifs à la sécurité», sans plus de précisions.

Mais durant la perquisition de son domicile, «450 grammes de cocaïne et 420 grammes d'opium ont été découverts», et l'enquête a «montré qu'elle avait vendu 150 grammes de cocaïne», selon le communiqué.

Critique récente

Le 5 janvier, les Pays-Bas avaient manifesté leur «préoccupation» et demandé des «éclaircissements» à l'Iran sur la situation de Mme Bahrami, née en Iran et naturalisée aux Pays-Bas.

Téhéran, qui ne reconnaît pas la double nationalité et considérait Mme Bahrami comme Iranienne, avait rejeté cet appel relayé par d'autres capitales européennes, accusant les Occidentaux d'instrumentaliser l'affaire pour accroître leur pression sur l'Iran, déjà soumis à de sévères sanctions internationales pour son programme nucléaire controversé.

Les pays occidentaux «n'ont pas le droit d'interférer dans nos affaires internes», avait affirmé la semaine dernière le porte-parole du Ministère iranien des affaires étrangères, Ramin Mehmanparast.

Appel de l'UE

Au moins 66 personnes ont été pendues en Iran depuis le 1er janvier pour divers crimes, soit plus de deux par jour, selon un décompte établi par l'AFP à partir des informations diffusée par les médias iraniens.

Pour toute l'année 2010, les médias avaient fait état de 179 exécutions. Les autorités, qui ne publient jamais de chiffres officiels sur ce sujet, n'ont fourni aucune explication à cette accélération.

L'Union européenne avait elle appelé jeudi les autorités iraniennes à «cesser immédiatement» les exécutions. (ats)

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