Suisse - Une femme sur quatre opte pour un test prénatal
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SuisseUne femme sur quatre opte pour un test prénatal

L’intervention permettant notamment de dépister le syndrome de Down par une simple prise de sang est désormais répandue. Mais aucune hausse du nombre d’avortements n’a été constatée.

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Le test prénatal controversé permettant de détecter la trisomie 21 sur le fœtus est disponible en Suisse depuis neuf ans. Cette méthode non invasive avait fait beaucoup parler d’elle lors de sa commercialisation. Ses détracteurs craignaient notamment une hausse des avortements et une stigmatisation encore plus élevée des personnes souffrant du syndrome de Down.

De récents chiffres de l’Office fédéral de la santé publique montrent que ces craintes étaient infondées. Même si l’utilisation de ces tests prénataux non invasifs s’est répandue, le nombre d’avortements n’a pas augmenté, écrit ce lundi la «Basler Zeitung».

Risque supérieur à 1 sur 1000

En 2019, environ un quart des 85’000 femmes enceintes ont eu recours à cette méthode. Et même si l’assurance de base prend en charge les frais liés à ces tests prénataux sous certaines conditions, entre 25 et 40% des femmes se retrouvent à devoir assurer elles-mêmes les frais. C’est ce qui ressort de données des années 2016 à 2019 fournies au journal alémanique par la caisse maladie Helsana.

Cela s’explique par le fait que nombre de femmes enceintes ne remplissent pas les critères fixés par l’OFSP et Gynécologie Suisse (SGGG). Pour qu’un test prénatal non invasif soit pris en charge, la femme doit avoir passé le dépistage du premier trimestre, qui évalue le risque du fœtus de présenter une anomalie chromosomique «numérique» (une trisomie 21, une trisomie 18 ou une trisomie 13). Ce risque doit être plus grand que 1 sur 1000 pour que le test prénatal soit pris en charge.

Abolir le dépistage du premier trimestre?

Malgré la popularité des tests non invasifs, le nombre d’avortements n’a pas augmenté en Suisse depuis 2007, écrit la «Basler Zeitung». Ce qui réjouit Daniel Surbek, gynécologue et médecin-chef à l’Hôpital de l’Île à Berne. Il plaide pour une abolition totale du dépistage du premier trimestre. Selon lui, un test prénatal non invasif combiné à une mesure de la clarté nucale serait beaucoup plus efficace.

Les tests les plus importants pour les femmes enceintes

- Dépistage du premier trimestre: il est proposé à toutes les femmes enceintes. Il n’est cependant pas obligatoire. Il sert à estimer le risque d’avoir un fœtus porteur d’une anomalie génétique telle que la trisomie 21 (ou syndrome de Down). Trois paramètres sont pris en compte pour évaluer le risque: l’âge de la mère, la présence de certains marqueurs dans le sang et la clarté nucale, soit la mesure par échographie de l’épaisseur de la nuque du bébé (généralement entre la 11e et la 14e semaine de grossesse).

- Test prénatal non invasif: il est proposé dès la 11e semaine de grossesse pour le dépistage des trisomies 21, 18, 13. Il est proposé lorsque le dépistage du premier trimestre montre un risque supérieur à 1 sur 1000. Réalisé à partir d’une prise de sang, il consiste à analyser le matériel génétique du fœtus libéré par le placenta dans le sang de la mère. Il ne présente aucun danger pour l’enfant à naître. Si le résultat est anormal (forte suspicion de trisomie), il est nécessaire de le confirmer par un examen invasif (choriocentèse ou amniocentèse).

- Examens invasifs: Lors de la choriocentèse ou de l’amniocentèse, le médecin prélève des cellules du liquide amniotique à l’aide d’une aiguille. L’analyse de ces cellules permet ensuite de déceler des anomalies chromosomiques. Dans environ 1% des cas, cette méthode conduit à une fausse couche.

(ofu)

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