Actualisé 23.10.2016 à 14:21

Canton de BerneUne femme voilée a été licenciée à tort

La justice bernoise a donné raison à une Serbe mise à la porte par son employeur à cause de son foulard.

L'employeur n'a pas pu prouver que le foulard contrevenait à un devoir inscrit dans le contrat de travail. (photo d'illustration)

L'employeur n'a pas pu prouver que le foulard contrevenait à un devoir inscrit dans le contrat de travail. (photo d'illustration)

photo: Keystone

Selon le magistrat du tribunal régional Berne-Mittelland, la blanchisserie n'a pas pu prouver que le port du voile contrevient au contrat de travail. En outre, la liberté de conscience et de croyance inscrite dans la Constitution protège le droit de porter un foulard. Le jugement, que l'ats s'est procuré, a été rendu début septembre.

Cette musulmane travaillait depuis 2009 dans l'entreprise bernoise, à la totale satisfaction de son employeur. Un jour, elle a expliqué que, dorénavant, elle porterait un voile, y compris au travail. Elle a proposé de le laver tous les jours. Mais l'entreprise l'a licenciée, en argumentant qu'il était interdit de porter un voile à la place de travail pour des raisons de sécurité et d'hygiène.

Compromis refusé par l'employée

Selon le jugement, la direction de l'entreprise était prête à chercher une solution avec son employée. Mais ceci après une phase durant laquelle l'intéressée aurait dû travailler sans foulard. Cette proposition de compromis n'a pas paru évidente à l'employée. L'entreprise doit maintenant lui verser un dédommagement.

Selon «Le Matin Dimanche» et la «SonntagsZeitung», qui ont publié le jugement, la musulmane a été soutenue par le Conseil central islamique suisse (CCIS). Celui-ci a déjà mis l'article de journal en ligne sur son site Internet dimanche matin. Ce cas est un nouvel exemple montrant que l'intégration des musulmanes n'est pas entravée par le voile, mais par les préjugés anti-islam, commente le CCIS.

Prescription d'hygiène

Interrogée par l'ats, Ferah Ulucay, la secrétaire générale de l'organisation, a relevé qu'il y a de nombreux cas similaires en Suisse. Mais seule une infime minorité d'entre eux arrivent au tribunal. Selon elle, le jugement bernois pourrait avoir pour conséquence qu'à l'avenir, davantage de musulmanes portant le voile saisiront les tribunaux. C'est l'employée qui s'est tournée vers le CCIS, et non l'inverse, précise Mme Ulucay.

L'entreprise a accepté le jugement, a dit son directeur contacté dimanche par l'ats. Elle tient toutefois à préciser que cette femme n'a pas été licenciée en raison de son «appartenance ethnique», mais parce que, malgré une demande de l'employeur, elle n'a pas respecté les règles concernant l'habillement, qui font partie des prescriptions d'hygiène dans une blanchisserie.

(NewsXpress)

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