Raymond Aubrac: Une figure de la Résistance est décédée
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Raymond AubracUne figure de la Résistance est décédée

Raymond Aubrac, l'un derniers cadres de la Résistance est mort mardi soir à l'âge de 97 ans à l'hôpital militaire du Val de Grâce, a annoncé mercredi matin sa fille.

Raymond Aubrac et sa femme (au second plan) en juin 1987 à Lyon.

Raymond Aubrac et sa femme (au second plan) en juin 1987 à Lyon.

Raymond Aubrac, l'un des derniers cadres de la Résistance, est décédé mardi soir à l'âge de 97 ans à l'hôpital militaire du Val de Grâce, à Paris, a indiqué mercredi matin sa fille. Co-fondateur du mouvement «Libération Sud», il était l'une des dernières personnalités de la Résistance à avoir connu Jean Moulin.

Raymond Aubrac était le dernier survivant des chefs de la Résistance réunis et arrêtés en juin 1943 à Caluire (centre-est) avec Jean Moulin, qui était alors le chef du Conseil national de la Résistance (CNR).

Raymond Aubrac et quatorze résistants avaient été libérés en février 1944 grâce à un intrépide raid de commando monté par Lucie Aubrac, son épouse, alors enceinte de leur deuxième enfant, avec laquelle il gagne et Londres et qui entrera dans la légende de la Résistance. Sa femme est décédée en 2007 à l'âge de 94 ans.

En 1947 et 1950, il avait été témoin à charge lors des deux procès du résistant René Hardy (décédé en 1987), accusé d'avoir livré Jean Moulin à la Gestapo et acquitté au bénéfice du doute.

Soutien récent lancé à Hollande

De son vrai nom Raymond Samuel, il était resté un citoyen très actif. Il avait notamment été ovationné en février 2008 après un discours défendant la laïcité, lors d'un meeting de campagne du maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë pour les municipales.

Engagé à gauche, il avait appelé à voter pour le candidat socialiste François Hollande au premier tour de la prochaine élection présidentielle (22 avril et 6 mai). Il avait fait partie d'une association d'anciens résistants qui avaient dénoncé comme un «coup électoral» la possible visite, cette année comme tous les ans, de Nicolas Sarkozy au plateau des Glières, haut-lieu de la Résistance dans les Alpes.

Il estimait que résister était «surveiller ce qui se passe, essayer de comprendre ce qui se passe dans la société qui nous entoure. Et quand on a le sentiment qu'on est devant une injustice, réagir à l'injustice et ne pas se contenter de la constater mais essayer de faire quelque chose. Pour moi c'est ça la Résistance, ça couvre des petits gestes et aussi quelques aventures».

Le président Nicolas Sarkozy «a tenu à rendre, très solennellement, hommage à la mémoire de Raymond Aubrac, figure héroïque de la Résistance».

Hommage rendu par Sarkozy

«Ces héros de l'ombre qui ont sauvé l'honneur de la France, à un moment où elle semblait perdue, disparaissent les uns après les autres. Nous avons le devoir d'en maintenir le souvenir vivant au coeur de notre mémoire collective», a également estimé le chef de l'Etat.

De son côté, M. Hollande a exprimé son «immense tristesse». «Dans les périodes les plus sombres de l'histoire de notre pays, il fut, avec Lucie Aubrac dont nous célébrons en juin le centième anniversaire de la naissance, parmi ces justes qui trouvèrent, en eux-mêmes et au creuset des valeurs universelles que porte notre République, la force de résister à la barbarie nazie», a-t-il aussi dit.

Le président de l'association des Fils et Filles de déportés juifs de France Serge Klarsfeld a lui salué sur la chaîne de télévision «BFM TV» le «dernier grand acteur et dernier grand témoin» de la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale. (afp)

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