Euro 2022: Une finale de rêve qui restera dans les annales

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Euro 2022Une finale de rêve qui restera dans les annales

L’Angleterre défie l’Allemagne en finale du championnat d’Europe, ce dimanche à Wembley (18h). Une superbe affiche pour clore un tournoi réussi.

Toute l’Angleterre sera derrière les Lionesses. 

Toute l’Angleterre sera derrière les Lionesses. 

AFP

Entre un pays-hôte, l’Angleterre, qui rêve d’un premier trophée majeur, et l’Allemagne à la recherche de son lustre d’antan, la finale de l’Euro de football féminin, dimanche (18h00) à Wembley, couronnera un champion mérité au terme d’une compétition relevée.

Stades remplis, ambiance au rendez-vous, matches intenses et souvent spectaculaires, la compétition aura plus que répondu aux attentes trois ans – et une pandémie de Covid-19 – après un Mondial-2019 en France qui avait déjà placé la barre haut. «Tous les matches ont été bons dans cet Euro et on a prouvé que ce n’était pas du marketing. Cela a été un tournoi excellent sur un plan sportif», s’est félicitée samedi la coach allemande, Martina Voss-Tecklenburg.

Engouement inédit

La finale promet d’être une apothéose dans un stade de Wembley qui approchera les 87’000 spectateurs, ce qui serait un record pour un match de l’Euro masculin ou féminin. Une victoire de l’Angleterre serait aussi une revanche éclatante 100 ans après que ce sport a été interdit aux femmes en 1921, pour n’être ré-autorisé qu’en 1971.

Le beau parcours des «Lionesses» a évidemment contribué à cette réussite et nourri un engouement inédit pour l’équipe nationale féminine dont les stars Beth Mead, Leah Williamson ou la sélectionneuse Sarina Wiegman sont devenus des noms connus de beaucoup. «Jusqu’ici le soutien dont on a bénéficié a été incroyable et c’est une pensée excitante de les savoir derrière nous», a admis Williamson.

Arrivées sur un élan de 16 matches sans défaite depuis la nomination de la Néerlandaise de 52 ans, spécifiquement recrutée pour remporter la compétition, après avoir mené les Pays-Bas au sacre il y a cinq ans, les Anglaises n’ont pas déçu.

Depuis que Sarina Wiegman dirige les Anglaises, elles ont marqué 100 buts et en ont encaissé 2.

Depuis que Sarina Wiegman dirige les Anglaises, elles ont marqué 100 buts et en ont encaissé 2.

Getty Images

Il y a bien eu des entames nerveuses pour l’ouverture contre l’Autriche ou en demi-finale contre la Suède, et un match au couteau contre leur bête noire espagnole en quart, mais leur résilience, leur capacité d’adaptation et leur foi individuelle et collective en elles-mêmes ont fait merveille. L’appui du public en fait les légères favorites, après avoir chuté au stade des demi-finales lors du dernier Euro et des deux derniers Mondiaux.

Records d’affluence 

En attendant la finale dimanche à Wembley (18h00) entre l’Angleterre et l’Allemagne, qui pourrait faire tomber quelques records, l’Euro 2022 a attiré les foules, au cours d’une année où le football féminin a déjà établi de nouvelles marques historiques.

Le 6 juillet dernier, à l’occasion du match d’ouverture de l’Euro 2022, 68’871 personnes s’étaient massées dans les travées d’Old Trafford pour assister à la victoire du pays-hôte contre l’Autriche (1-0). Un record d’affluence pour un Euro féminin qui a largement effacé celui atteint en 2013 en Suède lors de la finale Allemagne-Norvège et ses 41’301 spectateurs selon l’UEFA.

Pour autant, cette affiche n’occupe que la troisième place dans la liste des plus grandes affluences pour une rencontre féminine en Europe. La faute au FC Barcelone qui a par deux fois explosé les compteurs cette saison au Camp Nou. Une première fois en quart de finale retour de Ligue des champions contre le Real Madrid le 30 mars dernier (91’553), puis une seconde moins d’un mois plus tard en demi-finale aller contre Wolfsburg le 22 avril (91.’648).

Dimanche, cette marque pourrait bien être approchée, dans un stade de Wembley (87’000 places) à guichets fermés. Et il pourrait même s’agir d’un record d’affluence pour une finale d’Euro, hommes et femmes confondus, devant l’Espagne-URSS de 1964 (79’115 spectateurs à Madrid).

Signe d’un enthousiasme grandissant, la plus grande affluence totale pour un Euro, établie en 2017 aux Pays-Bas (247’041), a été battue en Angleterre dès la... 2e journée de phases de poules, avant d’être doublée après les demi-finales (487’683).

Une féroce bataille tactique

En face, il y aura une Allemagne renaissante qui affiche un parcours presque aussi impressionnant. Sorties sans trembler d’un «groupe de la mort» avec l’Espagne et le Danemark, finaliste il y a cinq ans, les joueuses de Martina Voss-Tecklenburg ont été bousculées en quart par l’Autriche et en demie par la France.

Mais elles ont prouvé leur capacité à faire le dos rond et à frapper quand cela fait mal, à presser parfois très haut ou à se regrouper pour fermer les espaces, comme contre l’Espagne en phase de poules. Huit fois sacrées championnes d’Europe, dont six consécutivement entre 1995 et 2013, elles ont pour elles leur vécu.

C’est une féroce bataille tactique qui s’annonce et l’absence de la très dynamique ailière gauche Klara Bühl, représentante de la nouvelle vague des joueuses allemandes, du haut de ses 21 ans, mais toujours positive au Covid avant la demie, risque de peser lourd.

Un duel de buteuses

La joueuse d’Arsenal Beth Mead dans ses œuvres.

La joueuse d’Arsenal Beth Mead dans ses œuvres.

AFP

La finale sera aussi un duel à distance entre Beth Mead et Alexandra Popp pour le titre de meilleure buteuse du tournoi.

Elles ont, toutes deux, déjà 6 réalisations, un record sur un tournoi pour une joueuse co-détenu avec l’Allemange Inka Grings en 2009, mais Mead, avec ses 5 passes décisives en plus, paraît bien partie pour finir meilleure joueuse du tournoi.

En demies, l’attaquante de Wolfsburg Alexandra Popp a inscrit un doublé qui a éliminé la France 

En demies, l’attaquante de Wolfsburg Alexandra Popp a inscrit un doublé qui a éliminé la France 

Getty Images

Aucune hostilité

Cette finale pourrait aussi servir à chasser quelques fantômes. Tout d’abord, ceux de la finale masculine il y a plus d’un an où, avant même la cruelle défaite des «Three Lions» aux tirs au but contre l’Italie (1-1 a.p., 3 tab à 2), des incidents graves autour et dans le stade avaient largement terni la fête.

Avec un public bien plus féminin et familial, aucune hostilité n’a été ressentie jusqu’ici et il semble peu probable qu’elle s’invite dimanche.

Les Anglaises auront certainement dans un coin de leur tête l’humiliant 6-2 subi en finale de l’Euro 2009 à Helsinki, lorsque la plupart d’entre elles rêvaient de participer un jour à cette compétition. Lucy Bronze, Jill Scott et Ellen White étaient déjà dans le groupe à l’époque. Mais dimanche à 18h00, c’est avant tout leur propre histoire qu’elles chercheront à écrire.

(AFP)

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