Suisse  – Une firme propose des prêts pour payer une place en crèche 

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Suisse Une firme propose des prêts pour payer une place en crèche

Des prêts à 3% sont proposés par une nouvelle société, pour aider les parents à financer le coût d'une crèche. Mais une experte s'inquiète des risques d’endettement.

Si les coûts varient en fonction du lieu et des revenus des parents, un enfant dans une crèche peut coûter jusqu’à 130 francs par jour.

Si les coûts varient en fonction du lieu et des revenus des parents, un enfant dans une crèche peut coûter jusqu’à 130 francs par jour.

Tamedia/Anna-Tia Buss

Les places en crèche peuvent vite grever un budget. La garde d'enfants peut coûter jusqu'à 130 francs par enfant et par jour, en fonction des villes et des revenus des parents, selon une récente étude de Credit Suisse. Pour les jeunes parents qui sont au début de leur carrière, la charge financière va donc rapidement devenir très importante. Lancée mardi, la société Awina propose des prêts spécialement destinés à financer les places en crèche, qu'elle présente comme une première en Suisse.

Cette offre couvre au maximum la moitié des frais de garde. L'argent va directement à la crèche, ce qui empêche que le prêt soit utilisé pour une nouvelle voiture, précise Awina. Les parents doivent commencer à rembourser au plus tard lorsque l'enfant entre à l'école maternelle, par mensualités. Le taux d'intérêt annuel est de 3%. Comme pour les établissements de crédit classiques, la loi exige que les demandeurs prouvent leur solvabilité et leur capacité d'emprunt. Il s'agit de maintenir le risque d'endettement aussi bas que possible, a indiqué Awina à «20 Minuten». Si une personne ne peut pas rembourser le prêt, la société promet d'examiner les cas individuellement et il n'est pas prévu qu'elle travaille avec une agence de recouvrement de créances.

«3%, ce n'est pas social»

Ces prêts ne convainquent toutefois pas l'avocate Olivia Nyffeler, experte des questions d'endettement: «Un taux de 3%, ce n'est pas un pourcentage social, c'est très élevé», a-t-elle indiqué à «20 Minuten». Pour ceux qui disposent d'une faible marge de manœuvre financière, elle recommande généralement de ne pas leur imposer de charges supplémentaires sous forme de prêts. Elle avertit également qu'une baisse de revenus due à une maladie ou à une perte d'emploi peut immédiatement entraîner des difficultés financières. Enfin, elle rappelle que, lorsque l'enfant grandit, des dépenses supplémentaires apparaîtront s'il veut s'inscrire dans un club de football ou prendre des cours de musique.

«Avec un tel prêt, vous remboursez des échéances pendant des années alors que vous ne savez jamais comment la vie va tourner», explique Olivia Nyffeler. Elle rappelle qu'il existe des solutions pour les personnes à faibles revenus prévues par les autorités, comme les bons de garde d'enfants pour les crèches ou le soutien financier de l'aide sociale. Elle juge toutefois que les parents dont le budget est serré devraient recevoir davantage de soutien de la part de l'État.

Étalement des coûts

L'Association pour l'accueil des enfants Kibesuisse estime de son côté que cette offre de crédit peut être intéressante pour les familles sur le principe, en leur permettant d'étaler les coûts sur une plus longue période. Elle juge toutefois qu'il est urgent d'améliorer le cofinancement de la garde d'enfants par le secteur public, d'une part pour réduire les frais parentaux et d'autre part pour assurer le développement de la qualité des services.

Crèches souvent sollicitées

En Suisse, plus de quatre mères sur cinq et plus de 95% des pères travaillent, selon une récente étude de Credit Suisse. Afin de concilier travail et famille, près de 40% des ménages ayant des enfants de moins de douze ans recourent ainsi à une solution de garde institutionnelle telle qu'une crèche, selon la banque.

(Fabian Pöschl/reg)

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