Actualisé 02.07.2017 à 09:10

Football – SuisseUne formation pour maîtriser le métier d'agent

La FIFA ne régule plus les contours des intermédiaires de joueurs depuis 2015. Alors Le SAWI de Lausanne et un agent se sont lancés pour aider à les former.

de
Robin Carrel
La grande majorité des joueurs pros sont conseillés par des intermédiaires.

La grande majorité des joueurs pros sont conseillés par des intermédiaires.

Keystone/Gian Ehrenzeller

On parle souvent de loi de la jungle, pour définir le monde des agents. Mais depuis 2015 et la décision de la FIFA de supprimer la licence officielle, il n'y en a même même plus, de loi. Tout un chacun peut s'improviser imprésario d'un joueur de football, sans passer de test ou d'examen devant quelque instance que ce soit.

Pour remplir ce vide sidéral et pour le moins sidérant, un agent, Lorenzo Falbo, a fait le pari de lancer un cours pour les personnes désireuses de se lancer dans ce métier. Il a été rejoint récemment dans sa démarche par le SAWI de Lausanne, entreprise qui propose des formations dans les domaines du marketing et de la communication. Le but? Former les intermédiaires, afin que ceux-ci prennent soin au mieux de leurs poulains.

«Tout le panel»

«C'est une formation qui a été mise sur pied cette année, indique cet agent, qui a aidé à une bonne septantaine de transferts au cours de sa carrière. La première volée vient de finir et il y avait une quinzaine de participants. L'idée, c'est de combler le vide actuel dans la formation des intermédiaires. On la veut de qualité, pour ceux qui veulent démarrer dans le métier notamment, mais pas uniquement. On travaille sur le marketing, l'image, la communication, la négociation avec les clubs, etc… Tout le panel que doit avoir un bon conseiller.»

Le but est aussi de rendre un peu plus morale une profession qui est loin d'avoir bonne presse. Entre ceux qui vont démarcher des jeunes d'à peine douze ans, ceux qui se mettent des dizaines de millions de francs dans les poches en un seul transfert et d'autres qui passent devant les tribunaux, soupçonnés d'avoir un peu «trop optimisé fiscalement» les revenus de leurs employeurs, il faut dire qu'il y a de quoi les regarder de travers...

Moralisation

«Il faut savoir bien s'entourer et assumer le fait qu'on ne peut pas avoir des compétences dans tous les domaines, assène Lorenzo Falbo. Moi, par exemple, je me suis entouré d'avocats spécialistes dans le droit du sport, de conseillers fiscaux… Cela fait partie de notre formation: apprendre qu'on n'est pas des super-héros! Il faut monter un staff compétent autour de nous et ne pas négliger non plus le coaching mental.»

A l'heure où la moralisation est dans toutes les bouches et à tous les niveaux, celui qui s'occupe d'une vingtaine de joueurs en Suisse et à l'étranger avoue «qu'on ne va pas changer le monde avec ce cours. Mais on peut l'améliorer. Il y aura toujours des filous, comme dans tous les autres métiers. On est en contact avec l'Association Suisse de football (ASF), qui nous a déjà envoyé des gens qui voulaient se former. Ils nous appuient, nous encouragent. Ce qui veut dire que la Fédération croit en notre formation.»

Cours dispensés, entre fin octobre 2017 et début février 2018, les mardis et jeudis de 18h à 21h et un samedi par mois de 9h à 16h. Pour plus d'informations: www.sawi.com.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!