Actualisé 21.02.2011 à 18:26

Révoltes à BahreïnUne foule défile pour soutenir le gouvernement

Des milliers de Bahreïnis ont défilé lundi soir à Manama pour clamer leur soutien au gouvernement et à la famille royale.

Des milliers de Bahreïnis ont défilé lundi soir à Manama pour clamer leur soutien au gouvernement dominé par la famille royale sunnite et dont la démission est demandée par des protestataires chiites.

Au même moment, le royaume de Bahreïn a annoncé ne pas pouvoir, en raison des troubles, accueillir le Grand prix de Sakhir prévu le 13 mars et qui devait marquer le début de la saison de formule 1.

Drapeaux et portraits

Des milliers de partisans du gouvernement, des hommes et des femmes se sont rassemblés autour de la mosquée sunnite Al-Fateh aux cris de «Vive Abou Salam», en référence au roi, Hamad Ben Issa Al-Khalifa.

Tout comme les manifestants en majorité chiites de la place de la Perle, qui exigent la démission du gouvernement, ceux de la mosquée Al-Fateh agitaient des drapeaux rouge et blanc de Bahreïn.

Ils brandissaient aussi des portraits du roi et du prince héritier Salman Ben Hamad Al-Khalifa, tandis que leurs voitures étaient ornées de portraits du Premier ministre, oncle du roi, en poste depuis 1971.

Sept morts

En milieu de journée, l'opposition chiite a annoncé la mort d'un jeune manifestant, blessé vendredi par les tirs de l'armée, ce qui porte à sept le nombre des morts de la répression depuis le début des manifestations le 14 février à Bahreïn où l'opposition préparait une démonstration de force avec une grande marche mardi à Manama.

Les manifestants, qui poursuivaient leur sit-in sur la place de la Perle à Manama, ont radicalisé leurs revendications en réclamant la fin du règne de la dynastie des Al-Khalifa alors que l'opposant chiite Hassan Machaimaa, jugé par contumace pour terrorisme, a annoncé de Londres son intention de regagner le pays mardi.

A Doha, où il est arrivé en provenance de Ryad, le plus haut gradé américain, l'amiral Mike Mullen, a dit qu'il continue de croire que l'Iran est un pays qui continue à fomenter l'instabilité dans la région, à prendre avantage de chaque opportunité, mais je pense que cela n'a pas été le principal déterminant des événements en Egypte, à Bahreïn ou dans les autres pays«.

Problèmes internes

Ces troubles sont »dans l'ensemble dus à des problèmes internes et non à quelque chose de fomenté par une puissance extérieure«, a-t-il ajouté à l'issue d'une matinée d'entretiens avec de hauts responsables saoudiens.

L'amiral Mullen pourrait se rendre à Bahreïn, quartier général de la Ve flotte américaine, plus tard dans la semaine, selon son son entourage.

Hillary Clinton s'exprime

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a répété dimanche que les violences mortelles à Bahreïn étaient »inacceptables« et que les autorités devaient procéder à des »réformes« aussi vite que possible.

Pour sa part, le ministre saoudien de l'Intérieur, le prince Nayef Ben Abdel Aziz, a assuré au roi de Bahreïn que Ryad soutenait Manama »contre tout ce qui nuit à la sécurité, la stabilité et l'unité nationale« de Bahreïn.

L'opposition poursuivait lundi ses concertations sur l'offre de dialogue faite par le prince héritier de Bahreïn, tout en mobilisant ses partisans pour une marche mardi après-midi.

Immense marche

»Nous attendons jusqu'à 100.000 participants à la marche« qui devrait converger vers la place de la Perle, a déclaré à l'AFP un élu du Wefaq, le principal mouvement chiite, Abdel Jalil Khalil Ibrahim.

»Nous sommes prêts au dialogue, qui n'a pas encore commencé. Mais il faut une plate-forme pour que ce dialogue soit fructueux«, a-t-il dit, réclamant entre autres »la démission du gouvernement qui n'a pas protégé son peuple«.

Monarchie constitutionnelle

L'opposition assure ne pas vouloir un changement de régime, mais l'instauration d'une monarchie constitutionnelle.

Sur le plan économique, l'agence de notation Standard and Poor's a baissé d'un cran lundi la note du Bahreïn, passée de A à A-, et prévenu qu'elle pourrait la baisser de nouveau au vu du »risque politique élevé" auquel est confronté cet Etat du Golfe après une semaine de manifestations.

(afp)

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