12.10.2020 à 20:14

GenèveUne fresque pour sauver des vies

L’œuvre d’une artiste genevoise servira de support à une prochaine campagne de prévention du suicide des jeunes. Elle a été commandée par une structure spécialisée des HUG.

de
David Ramseyer
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La fresque au passage Cabriol, dans le quartier de Plainpalais (GE), est bientôt achevée.

La fresque au passage Cabriol, dans le quartier de Plainpalais (GE), est bientôt achevée.

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HUG
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Des personnages au regard vide, la tête basse, se dessinent sur un mur du quartier de Plainpalais. Cette fresque en devenir est autant un appel à l’aide qu’une main tendue. Réalisée par l’artiste genevoise Amikal pour être ensuite déclinée en photos et dessins, elle constituera le support d’une campagne de prévention du suicide des jeunes, dès le mois prochain sur le web principalement, initiée par Malatavie. Cette consultation des HUG propose un accueil en unité de soins, une orientation des patients, mais aussi une ligne téléphonique 7j/7 et 24h/24. Celle-ci comporte une particularité: les répondants sont tous des praticiens (psychologues, infirmiers ou médecins spécialisés) qui peuvent ensuite opérer un suivi thérapeutique et prendre en charge les personnes qui ont composé le 022 372 42 42.

Si la structure, financée par la fondation privée Children Action, existe depuis des années, «en cette période particulièrement anxiogène, il nous a paru important d’adresser un message: chacun doit pouvoir sentir qu’il a quelqu’un à qui parler, insiste la Dr Anne Edan, responsable de Malatavie, dévolue principalement aux 12-25 ans. Notre ligne téléphonique est également ouverte aux proches des jeunes en souffrance (familles, amis, enseignants, entraîneurs sportifs, etc.). Ils peuvent appeler pour partager et être conseillés.»

Le choix de peindre la fresque au passage Cabriol, à Plainpalais, n’est pas innocent: l’endroit se situe à proximité du skatepark de Plainpalais où les ados fourmillent. Elle sera achevée d’ici au 31 octobre.

Un risque majeur chez les jeunes

Le numéro 022 372 42 42 de Malatavie enregistre un millier d’appels par an, indique la structure des HUG. Les deux tiers proviennent de l’entourage des adolescents. Au sein de la consultation, les prises en soins concernent des filles dans 75% des cas, «or le risque suicidaire est aussi présent chez les garçons», insiste l’Hôpital cantonal.

Le suicide est la principale cause de mortalité chez les 15-24 ans, selon l’Observatoire suisse de la santé. Un jeune passe à l’acte tous les trois à quatre jours, dans notre pays.

Envies suicidaires? Faites-vous aider!

Selon Stopsuicide.ch, la problématique du suicide est un sujet complexe et multiple qui ne peut s’expliquer au travers d’une réponse unique. Cette association vise à briser le tabou qui englobe le suicide afin de réfléchir aux différents moyens permettant de mettre en œuvre une aide concrète destinée aux jeunes en souffrance.

D’autres structures comme La Main Tendue (composez le 143) et la Ligne d’aide pour jeunes (147) sont également disposées à aider.

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