Actualisé 10.07.2013 à 05:03

Chili - avortementUne future mère de 11 ans violée relance le débat

Alors que l'interruption volontaire de grossesse est interdite au Chili, le sort d'une fillette abusée par son beau-père et enceinte de lui jette une lumière crue sur cette interdiction.

Le cas d'une fillette chilienne de 11 ans enceinte de trois mois après avoir été violée par son beau-père a rouvert le débat sur l'avortement au Chili. Dans ce pays d'Amérique latine, l'interruption de grossesse sous toutes ses formes est illégale.

La fillette, surnommée Belen pour protéger son identité, a affirmé mardi qu'elle était prête à avoir le bébé, dans une interview à la chaîne de télévision Canal 13.

«Ce sera comme une poupée que je tiendrai dans mes bras. Je vais l'aimer beaucoup même si elle est de cet homme qui m'a fait du mal, cela ne fait rien, je vais l'aimer», a affirmé la petite fille.

Le cas révélé la semaine dernière dans la presse à la suite de l'arrestation du beau-père, âgé de 32 ans et qui a reconnu avoir violé l'enfant, fait grand bruit au Chili, un des pays les plus conservateurs d'Amérique latine.

Le président chilien Sebastian Pinera a avoué s'être senti «touché» par les déclarations de la fillette dont la grossesse pourrait mettre sa santé en danger du fait de son jeune âge.

Droit aboli depuis Pinochet

M. Pinera a assuré que si un accouchement prématuré se produisait, la vie de la mère devait être la priorité. «Après 22 semaines de grossesse, s'il était nécessaire de provoquer une naissance prématurée, il faudrait suivre cette thérapie, parce que dans notre pays la vie de la mère arrive en premier», a-t-il ajouté.

La grand-mère de la fillette qui vit à Puerto Montt (1000 km au sud Santiago), a dénoncé son beau-fils après la confirmation de la grossesse lors d'une visite médicale.

L'avortement thérapeutique a été autorisé au Chili puis aboli durant la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

Plusieurs organisations féministes ainsi que des personnalités politiques, dont la candidate socialiste à la présidentielle du 17 novembre, Michelle Bachelet, se sont manifestées en faveur de la légalisation de l'avortement en cas de viol ou de risques pour la mère.

Influence de l'Eglise

Le parlement n'est jamais parvenu ces dernières années à un consensus sur l'avortement thérapeutique au Chili, où l'Eglise catholique jouit d'une grande influence et où le divorce n'a été autorisé qu'en 2004. (ats/afp)

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