Irlande du Nord - Une gouvernance partagée pour retrouver le calme
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Irlande du NordUne gouvernance partagée pour retrouver le calme

Tiraillée par des tensions post-Brexit, l’Irlande du Nord a pu éviter une crise: partisans du maintien au sein du Royaume-Uni ou de la réunification avec l’Eire gouverneront ensemble.

Des dispositions douanières appliquées à la province, pour éviter le retour d’une frontière avec la République d’Irlande et préserver la paix, ont suscité un regain de tensions en Irlande du Nord. Des émeutes d’une violence sans précédent depuis des années avaient éclaté début avril, ici à Belfast.

Des dispositions douanières appliquées à la province, pour éviter le retour d’une frontière avec la République d’Irlande et préserver la paix, ont suscité un regain de tensions en Irlande du Nord. Des émeutes d’une violence sans précédent depuis des années avaient éclaté début avril, ici à Belfast.

Reuters

Unionistes et républicains sont parvenus, jeudi, à un accord pour maintenir une gouvernance partagée en Irlande du Nord, évitant un nouveau psychodrame politique dans la province en proie à des tensions post-Brexit, a annoncé le gouvernement britannique.

Cet accord entre le DUP, attaché au maintien au sein du Royaume-Uni, et le Sinn Fein, favorable à une réunification avec l’Irlande, est intervenu peu après minuit, à la suite d’intenses discussions sous l’égide du ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord, Brandon Lewis. «Cela permettra au gouvernement de se concentrer à nouveau sur la réponse à apporter aux questions qui comptent vraiment pour les Nord-Irlandais, comme les soins de santé, le logement, l’éducation et l’emploi», a-t-il salué.

La langue irlandaise protégée

L’unioniste Paul Givan, 39 ans, un protestant fondamentaliste, sera nommé, jeudi dans la journée, comme Premier ministre du gouvernement local, après avoir été désigné par le nouveau chef du parti unioniste ultraconservateur DUP, Edwin Poots. Michelle O’Neill, 44 ans, du parti républicain Sinn Fein partisan de la réunification avec la république d’Irlande, occupera de nouveau le siège de vice-Première ministre.

C’est l’engagement du gouvernement britannique à légiférer cet automne pour protéger la langue irlandaise, si une législation en ce sens n’est pas adoptée d’ici là au niveau local, qui a permis de débloquer la situation, le Sinn Fein en ayant fait un préalable à toute poursuite de la cohabitation avec les unionistes.

Paralysie évitée

L’accord permet d’éloigner les craintes d’une nouvelle crise qui avait paralysé l’Irlande du Nord durant trois ans, à la suite de la chute du gouvernement, sur fond de scandale financier. Un accord conclu en janvier 2020 avait permis de rétablir les institutions politiques de la province.

Le DUP et le Sinn Fein doivent se partager la gouvernance en vertu de l’accord de paix du Vendredi saint de 1998, qui a mis un terme à trois décennies de «Troubles» sanglants entre républicains (majoritairement catholiques) et unionistes (surtout protestants).

Violentes émeutes en avril

La crise découlait cette fois de la démission, comme Première ministre et cheffe du DUP, d’Arlene Foster, 50 ans, face au vif mécontentement de son camp sur les conséquences du Brexit. Elle était vilipendée pour son impuissance face à l’instauration de contrôles douaniers pour les marchandises en provenance de Grande-Bretagne, négociée dans le cadre de l’accord de Brexit.

En perturbant les échanges, ces dispositions douanières, appliquées à la province pour éviter le retour d’une frontière avec la République d’Irlande et préserver la paix, ont suscité un regain de tensions en Irlande du Nord. Des émeutes d’une violence sans précédent depuis des années avaient éclaté début avril.

Elles sont au cœur d’un différend entre le gouvernement britannique et l’Union européenne. Dénonçant une approche «puriste» de l’Union européenne, Londres tente d’en avoir une application plus lâche, tandis que Bruxelles l’appelle à respecter les engagements négociés dans le cadre du Brexit.

(AFP)

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