«Dora»: Une handicapée veut faire l'amour. Ça vous dérange?
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«Dora»Une handicapée veut faire l'amour. Ça vous dérange?

Coproduit par la Suisse et l'Allemagne, «Dora» ose aborder ouvertement des sujets délicats, voire tabous.

par
Catherine Magnin

Plutôt que de voir sa fille handicapée mentale complètement vaseuse, Kristin décide de lui faire arrêter toute prise de médicaments. Du coup Dora, 18 ans, découvre des sensations nouvelles. Y compris la sexualité, qu'elle expérimente sans aucune inhibition – au plus grand désarroi de ses parents.

Et voilà que la jeune fille s'entiche d'un inconnu, qui profite de manière éhontée de sa faiblesse. Ses parents ont beau tenter de réfréner les pulsions de leur fille, Dora finit par tomber enceinte...

Adapté d'une pièce de théâtre de Lucas Bärfuss, financé au forceps (bien peu de producteurs croyaient au projet), le film de Stina Werenfels explore plusieurs thématiques avec une frontalité souvent déconcertante. Il est évidemment question du droit des handicapés de jouir de leur corps, jusqu'à celui de procréer. Et de la découverte de la sexualité par une ado, handicapée ou non.

Thématique complexe

Le film évoque aussi la responsabilité des parents, leur sentiment de culpabilité quand ils veulent faire le bonheur de leur fille en la surprotégeant, ou lorsqu'ils perdent la maîtrise de la situation.

Cela aurait pu donner un film glauque, pleurnichard ou moralisateur. Mais, épaulée par d'excellents acteurs, Stina Werenfels a accouché avec «Dora» d'un film intelligent qui renvoie le spectateur à sa réflexion et à son ressenti.

«Dora»

De Stina Werenfels. Avec Victoria Schultz, Jenny Schily, Lars Eidinger.

Sortie le 16 septembre 2015.

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