Tensions - L’heure des questions explosives à Berne
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TensionsL’heure des questions explosives à Berne

Ce lundi, au Conseil national, le groupe socialiste attaque Ueli Maurer pour ses propos anti-collégiaux. Le Groupe UDC attaque Alain Berset sur son affaire privée. Ambiance au Conseil fédéral.

par
Eric Felley
Les deux conseillers fédéraux sont dans le viseur des groupes politiques: l’UDC pour Alain Berset et le PS pour Ueli Maurer.

Les deux conseillers fédéraux sont dans le viseur des groupes politiques: l’UDC pour Alain Berset et le PS pour Ueli Maurer.

AFP

Au Conseil national, le groupe socialiste a déposé la semaine dernière neuf questions qui seront traitées ce lundi par le président de la Confédération, Guy Parmelin. Il s’agit en fait d’une grande question déclinée en neuf points au sujet du discours qu’a tenu Ueli Maurer le 12 septembre dernier. Pour les socialistes, les prises de position anti-collégiales d’Ueli Maurer à cette occasion seraient à mettre en perspective avec la manifestation du jeudi 16 septembre à Berne qui a dégénéré dans la soirée.

À l’instar de l’assaut du Capitole lors des élections américaines, le PS a réuni ses questions sous le titre: «Assaut sur le Palais fédéral, principe de collégialité et rôle du conseiller fédéral Ueli Maurer: «Le 16 septembre, des manifestants violents ont tenté de prendre d’assaut le Palais fédéral, écrit Marti Samira (PS/BL) . Pendant que des engins pyrotechniques étaient lancés vers le bâtiment, la foule scandait le prénom d’Ueli Maurer. Le Conseil fédéral peut-il exclure tout lien entre ces événements?»

«Il n’y a pas de crise du coronavirus, mais bien une crise de gouvernance»

Ueli Maurer avait tenu un discours lors d’une réunion de l’UDC à Wald (ZH), le 12 septembre. Ce jour-là, il avait porté le t-shirt des Freiheitstrychler, le groupe de sonneurs de cloches très actif en Suisse alémanique contre les mesures du Conseil fédéral dans la pandémie du Covid-19. Ce jour-là, le ministre des Finances s’était lâché devant ses troupes contre le reste du Conseil fédéral avec des allusions peu collégiales: «Toutes les mesures décidées à Berne sont prises par une poignée d’experts…» Ou: «Dans cette tendance à s’accaparer le pouvoir, le Conseil fédéral a édicté des lois et des ordonnances, dans lesquelles il prescrit en détail aux gens la manière dont ils doivent se comporter…» Ou enfin: «Soyons honnêtes, je pense que dans la deuxième partie de cette crise du coronavirus, l’État a complètement échoué. Il n’y a pas de crise du coronavirus, mais bien une crise de gouvernance».

Affaire Berset: affaire d’État?

Le PS attend donc, à travers Guy Parmelin, une réaction du Conseil fédéral après ces propos tenus par un de ses membres. Pour faire pendant à cette attaque de la gauche, le groupe UDC, par l’intermédiaire de son chef Thomas Aeschi (UDC/ZG), rebondit sur «l’affaire Berset» après les articles publiés par la «Weltwoche» ces deux dernières semaines. Il constate que dans un des articles, «une employée de la Confédération a confirmé par écrit que Berset souhaitait la fréquenter discrètement». Il s’interroge alors si «La Confédération prend des mesures lorsqu’il existe un rapport de dépendance entre deux partenaires travaillant pour l’Administration fédérale?»

Thomas Aeschi interpelle également la cheffe du DETEC, Simonetta Sommaruga, concernant des propos tenus par le médiateur de la SRG SSR, qui a déclaré que l’affaire Berset ne serait pas «une affaire d’État»: «Appartient-il au médiateur de la SRG SSR d’en juger, s’étonne-t-il, puisque la Commission de gestion s’occupe encore de cette affaire? (…) Le Conseil fédéral ne pense-t-il pas lui aussi que le médiateur, qui vit de la redevance forcée, n’a manifestement pas été à la hauteur de sa tâche dans cette affaire?» Il reproche enfin au médiateur d’avoir déclaré que la «Weltwoche» avait «dissimulé des faits importants et menti dans son article».

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