«le liseur»: Une histoire de l'Allemagne

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«le liseur»Une histoire de l'Allemagne

Inspiré du best-seller du même nom de Bernhard Schlink, le film de Stephen Daldry est une œuvre immense.

par
Winnie Covo

Le long métrage de Stephen Daldry donne la parole à l'Allemagne d'après-guerre. La machine nazie lui a arraché le ventre pour lui laisser une cicatrice terriblement douloureuse. Daldry fait parler cette souffrance, il met la responsabilité de l'Allemagne en question, la complexité de sa culpabilité.

«Le liseur» est le récit de Michael Berg, un jeune avocat qui découvre que son amour de jeunesse est en réalité une ancienne nazie. Le fait que l'on découvre son vrai visage dans une salle de tribunal résume à lui seul l'intention du récit. Il doit non seulement vivre avec ce mélange de dégoût et de nostalgie amoureuse et supporter de prendre position en tant que citoyen allemand.

Elle est coupable du pire et l'assume avec une assurance honteusement touchante. Le comportement de cette héroïne pathétique est presque justifié par un défaut qui lui a été attribué par l'auteur du roman. Cela donne alors encore plus de mal à Michael de la haïr, étant le seul à avoir compris son secret. Un peu comme si le film cherchait à pousser à bout son personnage et par là-même le peuple allemand au plus profond de la réflexion.

Quelle subtilité et quelle intelligence de la part du réalisateur anglais qui nous avait déjà largement impressionnés avec «The Hours», en 2002. Un film brillant. La performance de Kate Winslet est renversante. «Oscarisée» pour le rôle, l'actrice nous glace le sang tant elle s'est laissée envahir par le passé, les raisons, la honte et le courage de Hanna.

«Le Liseur»

De Stephen Daldry, avec Kate Winslet, David Kross et Ralf Fienes.

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