Vaud: Une idée lausannoise a connu un succès mondial

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VaudUne idée lausannoise a connu un succès mondial

Alex Osterwalder et Yves Pigneur, ont la cote auprès des entreprises suisses. Leur idée avait d'abord connu un succès mondial avant de percer en Suisse.

Les deux spécialistes du management, auteurs d'un ouvrage acclamé dans le monde entier, ont pourtant dû se montrer patients avant de percer dans leur propre pays.

Le Forum économique romand (FOROM) «nous a demandé d'animer leur journée le 3 septembre sur le thème de l'entrepreneuriat et d'architecturer les interventions des orateurs», affirme à l'ats le professeur Pigneur, qui sort d'une conférence sur leur ouvrage pour un incubateur à Sydney. Les deux Vaudois appliqueront leur outil, le Business Model Canvas, sur des exemples concrets lors de ce rendez-vous de l'économie romande à Yverdon-les-Bains (VD).

Des Etats-Unis à la Chine et au Japon, en passant par le Brésil et l'Australie, cette recette conçue d'abord pour les start-ups continue de rencontrer un succès croissant aux quatre coins du monde depuis sa publication il y a six ans.

L'ouvrage, qui présente dans un langage simplifié un canevas de neuf blocs pour structurer son entreprise, a été traduit depuis 2009 dans une trentaine de langues. Il a été vendu depuis sa commercialisation à plus d'un million d'exemplaires et téléchargé près de sept millions de fois, devenant une référence dans les régions qui disposent des mouvements entrepreneuriaux les plus vivants, comme la Silicon Valley ou Israël.

Mais l'outil a eu plus de difficultés à se faire connaître en Suisse. Un fait étonnant, quand l'on sait qu'il est issu de la thèse de doctorat d'Alex Osterwalder à l'Université de Lausanne, élaborée avec le soutien du professeur Pigneur.

Un succès tardif

«Je crois que la Suisse '«est pas un adopteur précoce de nouveaux outils», souligne ce dernier. Elle reste «plus timorée» que la Silicon Valley, même si le phénomène des start-ups y est aussi très présent. Les Helvètes «préfèrent adopter des outils qui ont fait leurs preuves», poursuit-il.

La Suisse a finalement été conquise elle aussi, quelques années après de nombreux autres pays. «Aujourd'hui, dans notre environnement universitaire, environ neuf start-ups sur dix utilisent le canevas», assure M. Pigneur.

Et le Business Model Canvas dépasse le seul monde des start-ups: «nous recevons depuis deux ans de nombreuses demandes de présentations ou de formations de la part d'entreprises établies», indique le professeur, citant Nestlé, Swisscom, Credit Suisse, Syngenta, Medtronic ou Givaudan.

«Lors de l'un des derniers ateliers à Berlin, 18% des inscrits étaient des sociétés helvétiques, alors que la Suisse ne représente pas 18% de la population européenne», illustre-t-il.

Une start-up de plus

A côté de leurs conférences dans des entreprises et universités à travers le monde, Yves Pigneur et Alex Osterwalder, qui habitent le même village dans le canton de Vaud, s'y retrouvent régulièrement pour essayer de développer de nouvelles idées. Ils ont publié fin 2014 un nouvel ouvrage, Value Proposition Design, focalisé sur la création de produits et services, qui a pour l'heure été traduit dans une quinzaine de langues.

Alex Osterwalder a par ailleurs lancé sa propre start-up, Strategyzer, qui développe une solution de conception assistée par ordinateur de business models. Elle emploie une vingtaine de personnes et dispose de bureaux à Lausanne et Zurich, mais aussi à Toronto, avec des collaborateurs à Phoenix, Ljubljana ou Paris.

Ses cours en ligne relatifs au Business Model Canvas séduisent des milliers d«utilisateurs en Europe et aux Etats-Unis. «C'est une société en croissance, le chiffre d'affaires double chaque année», souligne le professeur Pigneur. (ats)

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