15.09.2020 à 04:03

Votations du 27 septembre (5/5)Une immigration qui écrase ou qui sourit à la Suisse, selon les points de vue

L’UDC nous promet le chaos si on rejette son initiative et les opposants nous promettent le chaos si on l’accepte. «20 minutes» vous présente de quoi on parle.

de
Yannick Weber

C’est devenu un serpent de mer: le 27 septembre, le peuple suisse se prononcera encore une fois sur son immigration et sur ses rapports avec l’Europe. Après 2014 et l’initiative acceptée «contre l’immigration de masse», l’UDC relance un scrutin en inversant simplement les termes. Cette fois, ce sera «pour une immigration modérée».

Adieu libre circulation

Or, le contenu change. Cette fois, ce n’est ni plus ni moins que l’abolition de l’accord de libre circulation qui est demandé. Les conséquences de cette résiliation sont, bien sûr, bien divergentes en fonction des camps et des points de vue. Pour l’UDC, qui lance l’initiative, il n’y aura que du bon: la Suisse pourra maîtriser son immigration et éviter que le pays ne compte bientôt 10 millions d’habitants. Pour le parti, contrôler ainsi la croissance démographique aura des avantages économiques certains, mais permettra aussi de rendre la Suisse plus sûre et, un comble, plus respectueuse de son environnement.

Pour les opposants au texte, par contre, ce sont des années sombres qui vont s’abattre sur le pays. La «clause guillotine», fameuse menace qui pèse sur nos têtes à chaque votation sur l’Europe, est claire: si l’accord de libre circulation est dénoncé, tous les accords bilatéraux tombent. Et dégrader ainsi nos relations avec nos meilleurs voisins, avec qui la Suisse fait tant d’affaires, ce serait plutôt embêtant et tout le monde aurait à y perdre.

«Menace», «fardeau»…

Dans les mots du Conseil fédéral, l’initiative est «une menace pour l’emploi et la prospérité, alors que nous sommes confrontés à de grandes incertitudes économiques». Dans ceux de l’UDC, l’immigration de masse est, à l’inverse, «un fardeau énorme sur l’environnement, le marché de l’emploi, les assurances sociales et les infrastructures».

Dans le détail, si le texte est accepté, la Suisse aura une année pour négocier la rupture du contrat de libre circulation avec l’Europe. Si aucun accord n’est trouvé, le Conseil fédéral devra «unilatéralement» dénoncer l’accord. La «voie bilatérale» ou la «voie autonome», l’enjeu est à la hauteur du pari. Sauf à lire dans une boule de cristal, les Suisses ne peuvent que spéculer sur l’avenir et choisir s’ils veulent poursuivre sur la voie actuelle ou prendre le risque de se lancer dans un nouveau chemin.

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