Actualisé 14.01.2020 à 15:02

Genève

«Faire mieux que les horreurs soviétiques»

Une initiative a été déposée pour permettre aux communes de proposer leurs propres plans localisés de quartier et donner le dernier mot au peuple.

de
Jérôme Faas
Les initiants partent en guerre contre les barres d'immeubles.

Les initiants partent en guerre contre les barres d'immeubles.

Keystone/Martial Trezzini

«Faire mieux que les horreurs soviétiques que nous construisons actuellement à Genève», telle est la mission que s'est donnée le comité qui a lancé ce mardi une initiative populaire cantonale baptisée «Pour un urbanisme plus démocratique». L'offensive émane des associations Sauvegarde Genève, SOS Patrimoine-Contre l'enlaidissement de Genève et Pic-Vert, qui représente avec 47 associations partenaires les propriétaires de villas. Leur recette afin de tordre le cou aux «architectures de banlieue sans âme et sans charme»: donner plus de poids aux communes et aux propriétaires dans le processus d'élaboration des plans localisés de quartier (PLQ), aujourd'hui régenté par l'Etat.

Tout régler dans les urnes

Les initiants et leur président Alain Burri estiment qu'à ce jour, la concertation prévue par la loi est factice puisque le Canton peut ignorer les préavis communaux. Leur texte propose qu'à l'avenir, si un PLQ déplaît à une commune ou aux propriétaires concernés, ceux-ci disposent de douze mois pour faire une (ou plusieurs) proposition(s) alternative(s). Si l'Etat se range à leur avis, cette dernière est adoptée. Sinon, une votation communale est organisée pour départager les projets, comme pour un concours d'urbanisme.

«Les gens qui habitent à proximité des projets de densification ont une sensibilité autre, qui les amène à tenir compte du patrimoine, de l'histoire», considère Christian Gottschall, vice-président du comité d'initiative. Il espère ainsi que ce regard de voisin aboutira à des projets plus «sympathiques» que les barres d'immeubles contre lesquelles toutes ces associations s'élèvent. Miguel Bueno, membre de SOS patrimoine, ajoute que« tenir compte du bâti existant fait partie de notre identité, tenir compte des arbres existants fait partie de notre santé. Or, aujourd'hui, pour toute nouvelle construction, on fait table rase.» Alors que, juge Alain Burri, «on introduit davantage d'âme dans un quartier si on le bâtit en conservant l'existant».

«Solution constructive»

Les initiants insistent sur leur volonté de «trouver une solution constructive» à l'urbanisme actuel qui les consterne. D'une part, le seul moyen pour les communes ou les propriétaires de s'opposer à un PLQ de l'Etat sera de proposer une autre solution dans l'année. Cette nécessité de présenter une alternative dans un délai court évitera de bloquer les projets, assure Alain Burri, qui ajoute qu'«en général, si la population a adhéré, il y a beaucoup moins d'oppositions par la suite», donc de contre-temps.

«On ne va pas réduire le nombre de logements»

D'autre part, le comité d'initiative assure que son texte ne permettra pas de redimensionner à la baisse les plans de l'Etat. «On ne va pas réduire le nombre de logements», promet Alain Burri, qui explique que les PLQ alternatifs devront «respecter les exigences légales, dont le plan directeur cantonal et les densités minimums». A ses yeux, il ne s'agit pas d'une question de densité, mais de forme. «Par exemple, les Tours de Carouge et le Vieux-Carouge ont exactement la même densité mais des typologies très différentes», observe-t-il. C'est évidemment le Vieux-Carouge qui a la préférence de toutes les associations réunies ce mardi.

Pour que leur initiative soit soumise au peuple, elles devront récolter 5294 signatures d'ici le 14 mai.

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