Russie - Iran: Une intervention armée serait une «grave erreur»
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Russie - IranUne intervention armée serait une «grave erreur»

La Russie considère qu'une intervention armée contre l'Iran serait une «très grave erreur», a déclaré lundi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

«Notre position sur ce point est bien connue : ce serait une très grave erreur, aux conséquences imprévisibles», a déclaré M. Lavrov lors de déclarations retransmises par la télévision «Rossia 24».

«Il ne peut y avoir aucune solution militaire au problème du nucléaire iranien, pas plus que pour tout autre problème du monde contemporain», a ajouté M. Lavrov, qui s'exprimait à l'issue d'entretiens avec son homologue irlandais Eamon Gilmore.

«Une intervention militaire ne fait que multiplier le nombre de victimes et les souffrances humaines», a-t-il déclaré.

«Tout conflit doit être résolu exclusivement par les moyens approuvés par la communauté internationale dans la charte des Nations unies», a souligné M. Lavrov.

Le président israélien Shimon Peres a averti dimanche que «la possibilité d'une attaque militaire contre l'Iran était plus proche qu'une option diplomatique» avant la publication par l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) d'un rapport sur l'Iran.

La France notamment a mis en garde dimanche contre une telle option, son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé soulignant qu'elle serait «totalement déstabilisatrice pour la région et au-delà».

La publication d'un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur le programme nucléaire iranien est attendu mardi.

Des sources diplomatiques occidentales ont indiqué qu'il contenait des informations étayant les soupçons occidentaux quant à un caractère militaire du programme nucléaire iranien et cela malgré les dénégations de la République islamique qui affiche des objectifs strictement civils.

L'Iran a les connaissances pour la bombe

L'Iran a franchi des étapes essentielles pour construire une bombe nucléaire grâce à l'aide de scientifiques étrangers, affirme lundi le Washington Post, qui cite des diplomates et des experts ayant eu connaissance d'éléments du rapport que l'AIEA doit remettre mardi.

Selon les sources citées par le quotidien américain, un ex-expert soviétique a notamment appris aux Iraniens à construire des détonateurs de haute précision du type de ceux utilisés pour déclencher une réaction nucléaire.

Le pays a également acquis des techniques essentielles le menant au seuil de l'arme nucléaire auprès de spécialistes pakistanais ou nord-coréens, ajoute le quotidien.

L'Iran a rejeté d'avance les nouvelles accusations que l'AIEA s'apprête à porter contre son programme nucléaire et a menacé Israéliens et Américains de représailles en cas d'attaque.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a mis en garde lundi les Etats-Unis et Israël contre une attaque éventuelle des installations nucléaires du pays, affirmant dans une interview au quotidien égyptien Al-Akhbar que Téhéran était capable de leur tenir tête.

Téhéran, dont la plupart des installations sont sous la supervision de l'AIEA, a toujours farouchement démenti chercher à se doter de l'arme atomique, contrairement à ce que soupçonne depuis des années la communauté internationale.

Washington et ses alliés occidentaux n'ont pas caché leur intention d'utiliser le futur rapport de l'agence onusienne pour durcir leurs sanctions unilatérales contre l'Iran. Ils entendent aussi s'appuyer sur ce rapport pour essayer de convaincre Moscou et Pékin, jusqu'à présent réticents, de renforcer les sanctions de l'ONU adoptées dans quatre résolutions depuis 2007.

(afp)

Mahmoud Ahmadinejad met en garde contre toute attaque

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que les Etats-Unis et Israël cherchaient à frapper l'Iran pour lutter contre son influence grandissante, et mis en garde contre toute attaque contre son pays, dans une interview publiée lundi dans un quotidien égyptien.

«L'Iran a augmenté ses capacités et continue à progresser, et pour cette raison il est capable de rivaliser dans le monde. Maintenant Israël et l'Occident, en particulier l'Amérique, redoutent les capacités et le rôle de l'Iran», a déclaré M. Ahmadinejad dans le quotidien d'Etat Al-Akhbar.

«Aussi essaient-ils d'obtenir un soutien international pour une opération militaire destinée à supprimer l'influence (de l'Iran). Les arrogants doivent savoir que l'Iran ne leur permettra pas d'agir contre lui», a-t-il ajouté.

L'AIEA doit publier mardi un rapport qui, selon des sources diplomatiques occidentales, étaye les soupçons quant à un caractère militaire du programme nucléaire iranien, une accusation que M. Ahmadinejad a une nouvelle fois formellement démentie dans cet entretien.

Le président iranien a renvoyé ces menaces à l'Etat hébreu lui-même: «Washington veut sauver l'entité sioniste, mais il n'en sera pas capable (...). Cette entité peut être comparée à une transplantation de foie dans un corps qui l'a rejeté. Oui, elle va s'écrouler, et sa fin sera proche».

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