09.07.2020 à 13:42

APOLLO 5000 GT

Une Italo-Américaine à la robe d’Intermeccanica

Lorsque trois amis décident de construire leur propre voiture de sport au design italien et à la technologie américaine, le résultat peut être aussi extraordinaire que l’Apollo GT.

de
Daniel Koch
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Elle a les traits d’une Italienne.

Elle a les traits d’une Italienne.

Peter Singhof/Courtesy of RM Sotheby’s
Le moteur V8 4.9 litres de Buick.

Le moteur V8 4.9 litres de Buick.

Peter Singhof/Courtesy of RM Sotheby’s
Le logo de l’Apollo sur le capot.

Le logo de l’Apollo sur le capot.

Peter Singhof/Courtesy of RM Sotheby’s

En bref

  • Trois amis, un seul rêve: créer leur propre voiture de sport
  • Un design italien avec la puissance d’un moteur V8 américain
  • Plus exclusive qu’une Ferrari ou qu’une Lamborghini

Les années 1950 étaient caractérisées d’«ère du jet», le monde entier étant fasciné par les avions à réaction qui s’emparaient du ciel. La décennie qui a suivi est devenue l’«ère spatiale»: en 1961, la Nasa a lancé le programme Apollo et en 1969, Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont été les premiers hommes à marcher sur la Lune. La navette spatiale avec laquelle a été effectué le vol spatial portait le nom d’Apollo 11.

C’est également une fusée stylisée qui orne le volant et l’avant de la voiture de sport italo-américaine Apollo, construite de 1962 à 1965. La carrosserie provenait de l’usine italienne Intermeccanica.

Un Californien avec des idées

Les trois amis californiens Milt Brown, Ron Plescia et Ned Davis disposaient manifestement de suffisamment d’argent pour envisager sérieusement de concevoir leur propre voiture de sport. Ils adoraient le design automobile européen, mais craignaient manifestement le manque de fiabilité technique.

Ils ont partagé l’idée de combiner le design européen avec des ingrédients techniques américains bon marché et fiables avec des noms illustres comme Carroll Shelby, Alejandro de Tomaso et Giotto Bizzarrini, pour n’en citer que quelques-uns.

Un Canadien aux racines hongroises

Le Hongrois Frank Reisner, qui a grandi au Canada et a fait des études d’ingénieur en chimie aux États-Unis, a effectué un voyage en Italie en 1959. Il était tellement fasciné par Turin qu’il a décidé d’y établir une société. Intermeccanica était née et devait désormais produire des carrosseries en petites séries, acheminées vers des constructeurs de voitures de sport dans le monde entier, qui les ont complétées par leur technologie.

La rencontre avec laquelle tout a démarré

En 1961, Milt Brown fait la connaissance de Reisner à l’occasion du Grand Prix de Formule 1 à Monaco. Il le charge de construire la carrosserie en aluminium pour sa voiture de rêve, et c’est ainsi que quelques dizaines de coupés GT et vraisemblablement cinq cabriolets ont vu le jour jusqu’en 1965.

Une technologie américaine avec une cylindrée de 3.5 ou de 5.0 litres

Sous la carrosserie à l’allure italienne, on a monté un châssis en acier tubulaire repris de la Buick Special avec suspension indépendante à l’avant et un essieu rigide à l’arrière. Le moteur V8 3.5 litres de la 3500 GT affichait 200 ch SAE pour 5000 tr/min et n’avait aucun problème avec la GT de 1130 kg.

Le couple maximal de 325 Nm était atteint dès 3200 tr/min. On avait le choix entre une transmission manuelle à trois ou à quatre vitesses et en option, on pouvait avoir une boîte automatique à deux rapports. Le freinage de la grande 5000 GT était assuré par des freins à disque, alors que la 3500 GT disposait de freins à tambour.

Un moteur de légende

Le moteur en aluminium de Buick était à l’époque nouveau et avait le grand avantage de ne peser que 140 kg. Le faible poids du moteur était déterminant pour une voiture de sport comme l’Apollo. Ce moteur V8 de Buick a continuellement été développé et a, par la suite, été installé dans de nombreux véhicules britanniques. Les marques Morgan, Land Rover, MG, TVR, Range Rover, Triumph et Rover (pour ne citer qu’elles) ont toutes utilisé ce moteur léger.


Modèle 5000 GT avec une cylindrée de 4.9 litres

L’Apollo illustrée ici est équipée de l’imposant et puissant moteur Buick et fait partie des GT Apollo extrêmement rares, limitées à 90 exemplaires. Le véhicule a été vendu aux enchères exclusives en ligne par RM/Sotheby’s au mois de juin pour 223’630 francs (nettement plus que prévu).

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