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IranUne journaliste est accusée d'espionnage

La journaliste irano-américaine Roxana Saberi a été inculpée en Iran pour espionnage, ont indiqué mercredi les autorités judiciaires.

Roxana Saberi est emprisonnée à Téhéran depuis fin janvier.

«L'affaire a été transmise au tribunal révolutionnaire. Elle n'avait pas d'accréditation de presse et menait des activités d'espionnage sous le couvert de journalisme», a précisé le vice- procureur Hassan Haddad.

«Les preuves sont mentionnées dans son dossier et elle a reconnu les charges. Elle a été arrêtée en vertu des lois de la République islamique d'Iran», a-t-il souligné. La journaliste de 31 ans, qui détient la double nationalité américaine et iranienne, avait initialement été détenue pour achat d'alcool, interdit dans la République islamique.

Cette inculpation est survenue en dépit des ouvertures diplomatiques du président américain, Barack Obama, et de la demande de sa secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, de libérer la journaliste.

En mars, les autorités ont indiqué que sa carte de presse lui avait été retirée en 2006, et que depuis elle travaillait «illégalement» en Iran. Roxana Saberi collabore notamment à la radio publique américaine NPR, la BBC et la chaîne de télévision américaine Fox News.

Suisse sollicitée

L'avocat de Mme Saberi, Abdolsamad Khoramshahi, avait indiqué dimanche que l'affaire, accompagnée d'un acte d'accusation, avait été envoyée au tribunal révolutionnaire dont le juge devait décider de tenir ou pas un procès, ou de demander un complément d'enquête.

Les Etats-Unis ont réitéré le 25 mars leur appel aux autorités iraniennes pour qu'elles permettent aux services consulaires suisses, qui représentent les intérêts américains en Iran, de rencontrer la journaliste.

Hillary Clinton a affirmé qu'une délégation américaine avait remis à une délégation iranienne, lors d'une brève rencontre dans le cadre d'une conférence sur l'Afghanistan à La Haye le 31 mars, une lettre demandant la libération de trois Américains détenus en Iran, dont Mme Saberi.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne Hassan Ghashghavi a démenti qu'une telle rencontre ait eu lieu et qu'une lettre ait donc été remise.

A Washington, Mme Clinton a de nouveau exigé mercredi la «libération rapide» de la journaliste. «Nous sommes profondément préoccupés par la nouvelle que nous venons d'apprendre. Nous souhaitons sa remise en liberté rapide pour qu'elle retrouve sa famille», a-t-elle dit.

Mme Clinton a précisé que les Etats-Unis, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques avec l'Iran depuis 30 ans, avaient demandé à la Suisse d'obtenir les informations les plus complètes et les plus précises sur cette affaire, qu'elle a dit suivre de près.

(ats)

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