Actualisé 02.10.2011 à 20:28

Hooliganisme: derby annulé

«Une journée noire pour le football suisse»

Les réactions que les événements de dimanche ont suscitées apportent une touche de gravité supplémentaire à la pitoyable scène jouée au Letzigrund.

Les tristes événements qui ont conduit l'arbitre Sascha Kever a interrompre le 226e derby de Zurich vont certainement faire date dans les annales du football suisse.

Bickel au bord des larmes

Le directeur sportif du FC Zurich Fredy Bickel, 20 ans de football au compteur, était au bord des larmes. «C'est une journée noire pour le football suisse. Je ne trouve pas les mots. Je ne pensais pas que nous pourrions un jour en arriver là.»

Irrités par le 2-1 inscrit par GC, ainsi que par une de leur banderole qui leur avait été volée et qui a été brandie par les fans adverses, des supporters du FCZ ont lancé deux fusées en direction du secteur des Sauterelles. L'étincelle de trop: violence, bagarre et arrêt de la rencontre par l'arbitre, décidé de concert avec les deux clubs et les délégués de la Ligue. Sascha Kever parle de «la décision la plus dure de (sa) vie». «Nous ne pouvions pas continuer ainsi», conclut l'arbitre tessinois, en se remémorant l'image de 15 000 spectateurs pour la plupart choqués et sans voix.

Analyse nécessaire des faits

Christian Schöttli, responsable de la sécurité à la SFL, a assisté à l'escalade de violence depuis les tribunes du Letzigrund. «Nous devons analyser tout cela avec précision pour bien déterminer ce qui s'est réellement passé», a-t-il déclaré, refusant de se laisser aller à quelconques spéculations.

Le président de GC Roland Leutwiler aurait lui souhaité que la décision d'arrêter la partie soit retardée, le temps d'essayer de calmer les fauteurs de trouble via le micro du stade. «Les joueurs n'étaient pas en danger», se justifie-t-il. Sans toutefois cautionner ce dérapage. «Je dois présenter mes excuses aux équipes, aux entraîneurs et aux habitants de la ville.» Le président évoque encore des «éléments asociaux qui se sont provoqués mutuellement» qu'il «faut immédiatement interpeller et juger».

«Je ne sais pas s'il existe une solution»

Roland Leutwiler, comme beaucoup, tire un parallèle entre la violence dans le sport et celle dans la société. «Je ne sais pas s'il existe une solution», lâche-t-il en expliquant avoir constaté une progression de la criminalité des jeunes en ville. «Cela a un lien direct.»

Son homologue du FCZ Ancillo Canepa a lui fait part de sa déception et de sa colère. «Nous devons composer depuis des années avec une minorité nuisible. Nous n'en faisons pas assez contre la violence des fans. Pourquoi devrais-je mettre tant d'énergie pour diriger un club pour finalement être freiner par de tels idiots?»

«La ligne a été franchie»

Peter Gilliéron, président de l'ASF: «Je regrette ce qui s'est passé dans le derby zurichois. Il faut maintenant identifier les personnes concernées et les sanctionner sans compromis aucun. L'objectif de l'ASF est de tenir loin des stades cette minorité pour que le public puisse se rendre en paix aux matches.»

Alex Miescher, secrétaire général de l'ASF: «Avec ce jet de fusée en direction du public, la ligne a été franchie, selon le concept de sécurité au stade défini en début d'année. Un point de ce réglement stipule qu'il faut arrêter le match quand la sécurité des spectateurs n'est plus garantie. L'arbitre a en ce sens agi avec à propos et a le soutien de l'ASF. Nous allons nous pencher sur ce cas. Nous pensons savoir que la grande majorité des fans dans les virages ne cautionne pas de tels agissements et nous attendons dès lors une distanciation claire de sa part.»

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