Genève/Lausanne: Une journée sur les terrasses d'inconnus
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Genève/LausanneUne journée sur les terrasses d'inconnus

Il y avait du monde au balcon, samedi. Mais seuls les fêtards les plus chanceux ont pu accéder à ces lieux que des particuliers ont ouverts, pour une première.

par
Marine Guillain

«Salut, bienvenue, je te sers à boire?» ­La pétillante Jimena ouvre la porte de son appartement du quartier de Florissant, à Genève, et accueille les gens comme si elle les connaissait depuis toujours. Pourtant, elle n'a jamais vu la plupart d'entre eux. Elle a profité du Rooftop Day, organisé samedi pour la première fois en Suisse romande (lire l'encadré), pour mettre sur pied une fête sur son balcon. Une quarantaine de personnes sont passées chez elle. «J'ai organisé un jeu de rôle, une sorte de Facebook dans la vie réelle, afin de faire interagir les gens», explique l'Hispanique de 32 ans. Résultat escompté atteint: les invités se lâchent, s'amusent. Même si certains regrettent la télé allumée: «On n'est pas là pour voir un match de foot!» Denise, 31 ans, est arrivée à Genève il y a six mois, tout droit de Tanzanie. «C'est super pour s'intégrer, juge-t-elle. Je suis juste un peu déçue, car c'est la seule terrasse à laquelle j'ai eu accès, les autres étaient déjà complètes.»

La jeune femme n'est pas la seule à avoir essuyé des refus. Sur la page Facebook du Rooftop Day, plus de 7000 inscrits à Genève, pour seulement cinq terrasses. «On a été dépassés par l'engouement, note Jorge Perez, l'un des responsables de la plateforme Ron Orp, qui a organisé l'événement. On est ravis de l'intérêt suscité, mais on espérait un peu plus d'inscriptions du côté des hôtes.» Pour lui, un tel concept est plus difficile à implanter côté romand que côté alémanique, où les habitants se prêtent plus facilement au jeu.

Marc a, lui, accueilli quelque 120 personnes dans son luxueux duplex au bord du Rhône. Il a dû refuser plus de 500 demandes. En bas de l'immeuble, deux portiers filtrent les invités à l'aide d'une liste, «pour éviter les débordements». En haut, des DJ chauffent l'ambiance, et les fêtards ne semblent pas pressés de quitter les lieux. «Mes amis m'ont dit que j'étais un malade mental d'inviter des inconnus chez moi!» rigole le Genevois, enchanté de pouvoir partager son grand espace.

Du côté de Lausanne, l'expérience a aussi été appréciée: «C'était vraiment excellent, je n'hésiterai pas à me réinscrire!» affirme Karim, auteur d'un grand barbecue. Jérôme et ses invités ont aussi partagé un moment très convivial autour d'une «Roofclette». Tous sont partants pour rejouer le jeu, si l'événement devait à nouveau avoir lieu. «C'était un coup d'essai, nous allons certainement le relancer l'an prochain, indique Jorge Perez. Nous essaierons d'obtenir des partenariats avec des hôtels et des lieux culturels, afin de multiplier les lieux.»

Romands timides

Le Rooftop Day a été lancé l'an passé dans différentes villes alémaniques. Le principe: des privés organisent une petite fête ouverte à tous sur leur terrasse, le temps d'une journée ou d'une soirée. Forts de leur succès, les organisateurs l'ont importé en Suisse romande. Samedi, cinq particuliers ont ouvert leurs portes à Genève et deux à Lausanne, contre 17 à Zurich, 12 à Berne ou 8 à Bâle. Yoga, fondue, quizz, soirée dansante, photos & mojitos... Les animations se voulaient originales et variées. Outre-Sarine, la liste des fiestas était accessible à tous, sur une Google Map. Plus frileux, les Romands ont préféré fonctionner sur inscription: seuls les premiers inscrits ont pu bénéficier des adresses.

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