Vevey: Une libération controversée d'un pédophile

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VeveyUne libération controversée d'un pédophile

Un apprenti de 18 ans a été relâché par le Tribunal cantonal alors qu'il a reconnu une partie des faits et qu'il s'agissait d'un cas de récidive.

par
Frédéric Nejad

Quatre garçons âgés entre 10 et 14 ans ont été auditionnés la semaine passée par la police cantonale. Selon nos sources, au moins deux d'entre eux ont confirmé les dires d'un autre adolescent de Vevey, victime de X. Ce dernier est notamment accusé d'avoir forcé au moins un ado de 14 ans, diagnostiqué comme étant hyper-émotionnel, de se déshabiller, avant de lui toucher le sexe et même de lui prodiguer une fellation.

L'accusé a, par la suite, pris en photo le garçon tout nu en lui promettant de l'argent. Son ordinateur saisi par la police contiendrait de nombreuses photos de garçons du quartier à poil. D'autres dévoilent plusieurs plants de chanvre que X cultivait dans des boxes à Vevey et au Mont-Pèlerin, depuis 2009 selon ses propres aveux.

Le président du tribunal a pourtant décidé le 1er mai de faire libérer X, contre l'avis de la procureure, tout en lui «interdisant formellement tout contact avec des personnes ayant un lien avec l'affaire» en cours. Mais selon une source proche du dossier, il a fallu que «20 minutes» s'empare de l'affaire quatre jours plus tard pour que le ministère public se décide à demander des mesures de surveillance de l'individu auprès de la police locale.

Pire: le tribunal cantonal n'a pas tenu compte d'une première condamnation (avec sursis) pour des faits sexuels similaires avec un garçon de 12 ans, en 2008. X avait pourtant reconnu les faits lors d'une audition, dont «20 minutes» a pu consulter le PV.

Conditions strictes pour une détention

La détention provisoire est plus restrictive avec le nouveau code de procédure pénale. Pour l’obtenir auprès d’un tribunal, il faut qu’il y ait soit un risque de fuite, soit une dangerosité du prévenu, soit un risque de compromettre l’enquête en cours en faisant pression sur des témoins ou des victimes, soit que l’acte litigieux constitue une récidive. Or, tous les enfants vivent dans le quartier du récidiviste X, et aucune expertise psy n’a été ordonnée jusque là, ni par la procureure, ni par le président du tribunal...

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