Apprentissage: Une maçonne travaillant en Suisse? Une denrée rare

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ApprentissageUne maçonne travaillant en Suisse? Une denrée rare

Les 20 apprentissages les plus populaires en Suisse ont été passés au crible. Une étude montre ainsi que les stéréotypes liés à certains métiers ont la vie dure.

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Nadja Büttiker (25 ans) a terminé son apprentissage de maçon il y a un an, ce qui fait d'elle une femme unique en Suisse.

Nadja Büttiker (25 ans) a terminé son apprentissage de maçon il y a un an, ce qui fait d'elle une femme unique en Suisse.

Malgré l'émergence de mouvements comme  #MeToo ou la grève des femmes,  une analyse de l'institut fédéral des hautes études en formation professionnelle (IFFP) montre que pratiquement aucune femme en Suisse ne commence un apprentissage de maçon.

Malgré l'émergence de mouvements comme #MeToo ou la grève des femmes, une analyse de l'institut fédéral des hautes études en formation professionnelle (IFFP) montre que pratiquement aucune femme en Suisse ne commence un apprentissage de maçon.

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Les formations dassistants médical et dentaire ne sont pas non plus très prisées des hommes.

Les formations dassistants médical et dentaire ne sont pas non plus très prisées des hommes.

Antonio_diaz

Malgré l'émergence de mouvements comme #MeToo ou la grève des femmes, une nouvelle analyse de l'institut fédéral des hautes études en formation professionnelle (IFFP) montre que pratiquement aucune femme en Suisse ne commence un apprentissage de maçon. A l'inverse, les formations d'assistants médical et dentaire ne sont pas très prisées chez les hommes. Seul 0,64% des apprentis maçons ayant commencé leurs formations en 2016/2017 étaient des femmes.

Les hommes, eux, ne représentaient que 1,11% de tous les apprentis assistants dentaires et seulement 0,94% des apprentis assistants médicaux. Les 20 apprentissages les plus populaires en Suisse ont été examinés en fonction de leur proportion d'hommes et de femmes. Il a été constaté que dans plusieurs professions, telles que les soins spécialisés ou l'informatique, la part d'hommes et de femmes est plutôt déséquilibrée.

Nos collègues de 20 Minuten ont rencontré trois apprentis qui rompent avec le modèle des genres dans la formation professionnelle.

Toujours entouré de femmes

Abishann Rasamuthu (21 ans) est dans sa deuxième année de formation comme assistant dentaire. «Quand je suis allé voir de quoi il s'agissait, j'ai vu que cette profession exigeait beaucoup de réflexion et de connaissances». Cela avait éveillé son intérêt. Et il apprécie également le contact avec le personnel et les patients. Avant de commencer son apprentissage, il ne pensait même pas au fait que presqu'aucun homme ne choisissait ce métier. «Ce n'est qu'au début de l'année que j'ai réalisé qu'il n'y avait que des femmes.»

Mais Rasamuthu, lui aussi, n'a jusqu'à présent connu que des réactions positives par rapport à son choix de carrière au travail, à l'école et dans son environnement privé. A l'école, c'est tout à fait normal, «comme avec d'autres collègues», dit le Bernois habitant Köniz. Ses amis le respectent aussi pour son travail : «Ils disaient souvent : Wow, tu es toujours entouré de femmes. C'est le paradis!»

Dehors parmi les hommes

Nadja Büttiker (25 ans) a terminé son apprentissage de maçon il y a un an, ce qui fait d'elle une femme unique en Suisse. «J'ai toujours voulu faire quelque chose avec mes mains en extérieur.» La jeune femme de Mosnang (SG) a d'abord fait un apprentissage d'horticultrice. Durant la saison hivernale plutôt calme, elle a été autorisée à travailler sur des chantiers, sans savoir grand-chose à ce sujet. Puis, elle s'y est habituée et a décidé de poursuivre un autre apprentissage en tant que maçon.

«Je savais que peu de femmes font cette formation.» Probablement parce qu'elle est encore souvent considérée comme réservée aux hommes. Parfois, elle remarquait qu'avec la force de ses doigts et la taille de ses mains, elle ne pouvait pas entreprendre les mêmes tâches que ses collègues. Néanmoins, ces derniers pensent qu'une femme peut occuper ce poste. Si quelqu'un est présent sur place, Nadja peut toujours demander de l'aide. Et elle ajoute: «Le langage familier est logiquement un peu plus cru qu'au bureau. Mais ce n'est pas un problème.»

Seul homme en formation

Yannick Gresch (18 ans) est en deuxième année en tant qu'assistant médical. L'apprenti, qui vit à Thusis (GR), trouve son enseignement extrêmement varié : «Je suis toujours enthousiaste concernant le métier. Chaque jour, on apprend de nouvelles choses». Il savait déjà qu'il n'y avait pas beaucoup d'hommes dans cette profession. «Mais déjà après une semaine, je me suis habitué au fait d'être entouré uniquement de femmes.»

Le fait que si peu d'hommes deviennent assistants médicaux est doublement justifié à son avis : «D'une part, ce métier est encore considéré comme un métier féminin. Et puis il y a aussi très peu d'apprentissages d'assistant médical, ce qui peut dissuader encore plus les candidats masculins». C'est pourquoi son école est très heureuse de pouvoir l'envoyer au salon des métiers en tant que représentant masculin.

Distribution rigide

Il est fondamentalement difficile de modifier la répartition des sexes, explique Lars Hering, responsable du Centre de l'orientation professionnel à Bâle. Il cite quatre raisons à cela: «Il y a un manque de modèles qui sont actifs dans les professions concernées. Difficile de décider dans quelle voie professionnelle se diriger à la fin de la puberté. En effet, c'est un âge difficile pour choisir un travail atypique. C'est pourquoi on choisit plutôt une formation qui est bien reçue par les amis et la famille.»

«Les hommes, plus forts en général, sont aussi plus aptes à occuper des emplois physiquement exigeants, comme celui de maçon. En outre, certains employeurs - mais aussi des clients - ont tendance à associer un sexe à un emploi. Par exemple, certains dentistes préfèrent avoir une femme à leurs côtés comme assistante. Et les clients trouvent souvent les femmes plus attentionnées. Je doute cependant que dans des métiers extrêmes comme celui de maçon, un tel changement se produise dans les prochaines années.»

Selon Hering, le processus de changement pourrait certainement être accéléré. Il cite comme exemple les manuels scolaires qui font encore de nombreuses différenciations, mais les présentations des formations dans les écoles sont encore un meilleur moyen pour faire évoluer les mentalités.

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