17.05.2017 à 19:48

Emmen (LU)

Une maison chauffée à la chaleur corporelle

Au terme de sa rénovation, un bâtiment lucernois n'aura plus ni chauffage, ni climatisation. Il utilisera, à la place, la chaleur de ses habitants et leurs appareils.

de
na/rmf
1 / 3
Au terme de sa rénovation, le bâtiment récupérera la chaleur des habitants et de leur éclairage, ordinateurs et autres machines pour remplacer le chauffage. Il s'agit encore d'un prototype, deuxième du genre.

Au terme de sa rénovation, le bâtiment récupérera la chaleur des habitants et de leur éclairage, ordinateurs et autres machines pour remplacer le chauffage. Il s'agit encore d'un prototype, deuxième du genre.

Visualisierung Baumschlager Eberle Architekten
L'ancienne bâtisse, à la Emmenweidstrasse 58a, doit être entièrement refaite. Elle utilisera des technologies futuristes pour réguler sa température.

L'ancienne bâtisse, à la Emmenweidstrasse 58a, doit être entièrement refaite. Elle utilisera des technologies futuristes pour réguler sa température.

Gemeinde Emmen
La maison autonome de Marc Müller à Châtillon (FR) fonctionne sur le même mode de régulation thermique, mais pas sans un chauffage d'appoint pour les cas extrêmes.

La maison autonome de Marc Müller à Châtillon (FR) fonctionne sur le même mode de régulation thermique, mais pas sans un chauffage d'appoint pour les cas extrêmes.

www.en-autarcie.ch

Les vieux bâtiments industriels ont souvent un bilan énergétique catastrophique. Lors des rénovations de l'un d'eux, à Emmen dans le canton de Lucerne, les propriétaires ont lancé un concours architectural. Les vainqueurs ont proposé un projet pour le moins ambitieux: un bâtiment sans chauffage ni climatisation.

Comment ça marche ?

Le bâtiment sera donc tempéré grâce à la chaleur corporelle, et aux déperditions énergétiques des luminaires et des machines du genre ordinateur, cuisinière etc. Pour réguler le tout, une isolation thermique à toute épreuve sera mise en place grâce à des murs de 80 centimètres d'épaisseur, explique Josef Schmidli, directeur des Constructions et de l'Environnement à Emmen, à «20 Minuten».

Durant les grosses chaleur de l'été, le bâtiment sera refroidi grâce aux courants d'air nocturne. «Le soir, l'air froid passe à travers un système de régulation, avec des volets, poursuit Josef Schmidli. Cela permet d'assurer une température et une qualité de l'air satisfaisante.» L'objectif est de maintenir le mercure entre 22 et 26 degrés.

Défi de taille

Les architectes responsables du projet, le bureau Baumschlager Eberle, ont réalisé un premier prototype en Autriche en 2013. A Emmen, la rénovation sera également encore un prototype.

«A l'époque, les anciens luminaires rejetaient beaucoup de chaleur», explique Anny Frosio, directrice technique de Ponzio Solar, qui a récemment travaillé sur un éco-quartier à Thierrens (VD). «Maintenant, nos appareils ont de moins en moins de déperditions, donc c'est plus compliqué, poursuit-elle. Mais ça me semble faisable, moyennant une très bonne isolation, un bon système de stockage par l'inertie des matériaux, et une bonne utilisation des vitres ensoleillées.»

Loué facilement

«Le premier et le deuxième étage ont déjà été loués, sans que nous ayons besoin de faire beaucoup de publicité», explique le propriétaire du bâtiment, Adrian Brun. Et ce, même si le locataire doit se plier à quelques spécificités. «Les lampes ne peuvent par exemple pas être disposées comme il veut, car tout est calculé avec précision», poursuit-il.

Coût total de la rénovation, 9,5 millions de francs. Les travaux commenceront en septembre, et devraient être finis en 2019.

Chauffage d'appoint

Marc Müller termine de construire sa maison autonome à Châtillon (FR). Sa régulation thermique fonctionne de la même manière, mais pas sans l'aide d'un petit chauffage d'appoint. «C'est utile quand on n'est pas là pendant quelques jours, car la maison va se refroidir et mettre du temps à réchauffer ensuite, raconte l'ingénieur. Et dans les jours les plus froids de l'année, il arrive qu'on sorte de la zone de confort...»

Pour lui, le projet d'Emmen est très positif. Il rappelle que d'autres projets du type fonctionnent déjà, mais rarement sans système d'appoint au cas où. «Mais des projets comme ça, c'est toujours un challenge intéressant, s'enthousiasme Marc Müller. Et ça rappelle au monde de la construction que ce n'est pas si cher que ça. Je trouve ça génial!»

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!