Actualisé 30.08.2015 à 14:13

Sondage

Une majorité veut limiter l'accès aux universités

Selon un récent sondage, près de 44% des Suisses souhaiteraient introduire un examen d'entrée pour les facultés de sciences sociales et humaines.

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Les universités devraient s'adapter davantage aux besoins du monde économique. C'est ce qu'avait revendiqué ce printemps l'UDC en exigeant l'introduction d'un test d'aptitude, également appelé numerus clausus, pour tous les futurs étudiants en sciences sociales et humaines. En effet, avait argumenté le parti agrarien, la part des universitaires ayant choisi ce cursus a passé de 28'000 en 1995 à 45'000 actuellement alors que les milieux économiques déplorent depuis plusieurs années un pénurie de main d'oeuvre qualifiée en matière de techniciens et d'ingénieurs.

Dans le cadre d'un récent sondage mené par les universités de Berne et de Zurich, l'économiste Stefan Wolter a voulu savoir si la population suisse soutenait l'idée de l'UDC, ou non. Sur 1500 personnes interrogées, 44% estiment que l'introduction d'un numerus clausus est justifié pour ces deux facultés, 36% s'y opposent et 20% n'ont pas d'avis sur la question.

Plus d'approbation chez les sympathisants de la droite

«C'est étonnant», a admis Stefan Wolter, interrogé par la «NZZ am Sonntag». «Je pensais que la grande majorité des Suisses soutenaient le fait que les personnes ayant leur matu en poche puissent choisir librement leur cursus universitaire.» Autre point intéressant, soulevé par l'enquête: plus le niveau d'éducation est élevé, plus l'approbation d'un test d'aptitude est grande. Des distinctions se manifestent également en matière d'appartenance politique. Si les sympathisants de gauche ne sont que 37% à soutenir un numerus clausus, les personnes proches de la droite représentent quant à eux 45%.

Interrogé par le dominical, le conseiller national Adrian Amstutz (UDC/BE) se sent réconforté dans sa position: «Nous avons reçu beaucoup d'avis positifs concernant notre revendication. Des secteurs tels que l'industrie souhaitent intensifier et valoriser la voie de l'apprentissage et espèrent trouver davantage d'ingénieurs sur le marché du travail.» Le conseiller national Matthias Aebischer (PS/BE) ne partage pas du tout son avis. Pour lui, introduire un numerus clausus irait «dans la fausse direction». «La Suisse a l'un des meilleurs systèmes de formation du monde parce qu'il est équitable et ouvert à tous. Nous ne devons pas le mettre en danger avec des idées pareilles.»

«Ces personnes s'intègrent mieux»

Le socialiste rappelle par ailleurs que ceux ayant obtenu un diplôme en sciences sociales ou humaines trouvent du travail dans les cinq ans qui suivent leur formation. Un argument soutenu par Markus Zürcher, directeur de l'académie suisse des sciences humaines et sociales: «Sur le long terme, ces personnes s'intègrent mieux dans le marché du travail parce qu'ils ont bénéficié d'une formation universitaire générale qui touche un peu à tout.»

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