Actualisé 19.05.2007 à 14:30

Une «marche de la détermination» pour Ingrid Betancourt

Au lendemain des propos du président colombien, qui a demandé à l'armée d'élaborer des plans en vue de libérer les otages des FARC, le comité de soutien de la Franco-Colombienne a annoncé une manifestation mercredi à Paris.

Le ministère français des Affaires étrangères, qui continuait samedi d'étudier en détail les propos de M. Uribe, a réaffirmé samedi l'opposition de la France à «toute opération militaire qui pourrait mettre en danger la vie des otages».

«Nous sommes opposés à une action militaire qui mettrait en danger la vie des otages, et nous travaillons à une solution humanitaire et un accord humanitaire qui permettent le retour des otages sains et saufs», a déclaré samedi le porte-parole du Quai d'Orsay, Jean-Baptiste Mattéi, à l'Associated Press.

Dans un communiqué, le comité de soutien à Ingrid Betancourt, a annoncé l'organisation d'une grande Marche de la Détermination entre Notre-Dame de Paris et l'Hôtel de Ville de Paris, mercredi à 18h. «La marche se fera en présence de la famille et de personnalités et se conclura par un rassemblement sans limite de temps devant l'Hôtel de Ville», précise le comité de soutien.

«Nous invitons les Françaises et Français à montrer combien ils sont décidés à ce que la libération de l'otage franco-colombienne intervienne dans les plus brefs délais, combien ils sont déterminés à ce qu'Alvaro Uribe ne joue pas impunément avec la vie d'Ingrid».

«Nous ne croyons pas aux propos d'Alvaro Uribe, dignes du théâtre de l'absurde: dans une situation plus que difficile au niveau national comme international, nous considérons que le président colombien a simplement cherché à reprendre la main au moyen d'un lâche coup de bluff», estime le comité. «Cette Marche de la Détermination sera l'occasion de l'inviter à considérer des moyens viables et autrement mieux pensés».

La veille, Mélanie, la fille d'Ingrid, avait dénoncé «le show médiatique» du président colombien Alvaro Uribe. «Soyons logiques: vous voulez libérer quelqu'un par la force, vous allez l'annoncer comme ça au monde entier, surtout pour que les ravisseurs le sachent et qu'au moindre bruit d'hélicoptère, la première chose qu'ils fassent c'est exécuter l'otage?», s'est-elle interrogée sur France-2.

Pour la jeune femme, qui venait d'être reçue par le président français Nicolas Sarkozy avec plusieurs membres de sa famille, il serait inconcevable qu'une telle opération soit menée «alors que, la veille, le président français a appelé directement le président colombien pour lui dire à quel point il fallait trouver une solution».

La famille d'Ingrid Betancourt, détenue depuis le 23 février 2002 par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), s'est dit convaincue cette semaine que l'otage est en vie, après le témoignage d'un policier colombien qui a réussi à s'évader après plus de huit ans de détention. Au cours de sa première interview à la télévision colombienne, Jhon Frank Pinchao a averti vendredi qu'une opération militaire risque de se terminer en bain de sang. (ap)

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