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VaudUne méga arnaque vise les entreprises du canton

Un homme a réussi à détrousser des sociétés, pour un montant de près de 2 millions de francs. La police cantonale met en garde contre «des escrocs particulièrement bien renseignés».

Plusieurs entreprises, internationales et locales, basées dans le canton de Vaud ont été victimes d'arnaques et de tentatives de tromperie ces derniers mois. Les escrocs récoltent des informations sur des entreprises puis usurpent l'identité de leurs dirigeants pour demander le transfert de grosses sommes.

Ce type d'arnaque est connu sous l'appellation «social engineering». Des escrocs particulièrement bien renseignés se font passer pour les directeurs des sociétés mères auprès de succursales en Suisse et demandent le transfert d'importantes sommes d'argent, indique mardi la police vaudoise dans un communiqué.

Dix tentatives ont été répertoriées pour un préjudice qui aurait pu s'élever à 5 millions de francs. Dans deux cas, les escrocs ont réussi à obtenir 1,8 million de francs au total.

Les enquêteurs ont établi que les délinquants agissent depuis l'étranger. Les montants détournés sont rapidement virés de banques en banques à travers le monde, plus particulièrement en Asie, rendant quasiment impossible le blocage des fonds.

Récolte d'informations

Pour parvenir à leurs fins, les arnaqueurs récoltent le maximum de données concernant une entreprise sur les réseaux sociaux, ainsi que via les documents communiqués par la société elle-même, comme les newsletters. Ils acquièrent ainsi une connaissance très fine tant des personnes que des organisations visées.

Les demandes de transfert sont justifiées par l'imminence de contrôles fiscaux ou le rachat d'entreprises. Elles se déroulent généralement dans un climat de précipitation, par exemple un vendredi après-midi.

Allant jusqu'à imiter parfaitement la voix des personnes dont l'identité a été usurpée, les escrocs demandent à la cible de ne rien divulguer à ses supérieurs, insistant sur l'urgence de la situation et la discrétion de mise pour ce genre de transactions. Ils fournissent parfois un code d'identification chiffré qui devra être donné lors de chaque conversation ultérieure.

Forte pression

Ils exercent une forte pression sur leurs victimes, pouvant aller jusqu'à trente appels en trois jours. Un contact est d'abord pris téléphoniquement par un prétendu avocat, prétextant une transaction financière imminente et urgente pour obtenir par exemple l'adresse e-mail de la secrétaire comptable.

Cet escroc explique ensuite au collaborateur visé qu'il va prendre directement contact avec le directeur sur son portable. S'ensuit un échange de mails libellés «confidentiel». L'employé croit recevoir des courriels de son patron, alors qu'ils proviennent des escrocs.

«Appel à la prudence»

La police vaudoise lance un appel à la vigilance des entreprises et de leurs collaborateurs, en particulier quant aux informations publiées sur les réseaux sociaux et au respect des procédures internes avant d'effectuer toute transaction. «En cas de doute, il est fortement recommandé de se référer à sa hiérarchie», conclut le communiqué. (ats)

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