VAUD: Une meilleure prise en charge des femmes droguées à leur insu
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VAUDUne meilleure prise en charge des femmes droguées à leur insu

À la suite d’incidents survenus en soirée à Lausanne, le gouvernement cantonal avait été sollicité sur le thème de la «drogue du violeur» et de ses victimes.

par
Frédéric Nejad Toulami
GHB, GBL ou autre substance: des femmes ont eu des malaises lors de soirées après avoir bu dans leur verre.

GHB, GBL ou autre substance: des femmes ont eu des malaises lors de soirées après avoir bu dans leur verre.

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Dans une interpellation, la députée Verte Alice Genoud s’était fait l’écho de la vive inquiétude qui s’est manifestée durant l’été 2020 sur les réseaux sociaux puis dans des médias à propos de cas suspects d’intoxications décrits par des femmes lors de soirées à Lausanne, à des fins supposées de soumission chimique à leur insu. Le terme de GHB, connu sous l’appellation de «drogue du violeur» (ndlr: aussi GLB), avait alors été utilisé, même si aucune preuve de l’utilisation de ce produit précis n’avait été apportée.

Inodore et incolore

D’ailleurs, certaines jeunes femmes victimes de malaises, vomissements et pertes de mémoire peu après avoir bu dans leur verre disaient avoir ressenti un goût amer et une odeur étrange, alors que le GHB est connu pour être redoutablement incolore, inodore et sans goût une fois mélangé à une boisson. Il est aussi quasi impossible de le détecter dans le corps lors d’un examen médical quelques heures après l’avoir absorbé. Des messages de prévention avaient été affichés l’été dernier dans divers établissements publics pour mettre en garde tant la clientèle que le personnel.

De tels incidents de femmes droguées à leur insu s’étaient aussi produits lors du marché de Noël lausannois en décembre 2019.

Deux cas de GHB recensés depuis 2017

Dans sa réponse cette semaine à la motion émanant du Grand Conseil, le Conseil d’État indique que seul deux cas confirmés d’intoxication au GHB ont été recensés depuis 2017 sur sol vaudois. Il note cependant que «cette statistique n’est pas exhaustive, car toutes les victimes ne s’adressent pas systématiquement à un service d’urgences ou à la police».

Examen médical automatique au moindre soupçon

Le gouvernement vaudois annonce que le GHB sera désormais systématiquement recherché pour toute situation nécessitant une évaluation d’une modification du comportement, à des fins médico-légales. Le Conseil d’État souligne: «Toute personne qui pense avoir été intoxiquée à son insu doit pouvoir être accueillie et prise en charge dans de bonnes conditions et sans jugement.»

S’agissant de la prévention, les autorités relèvent que des mesures adaptées sont déjà déployées sur le terrain grâce au programme NightLife Vaud. Elles seront renforcées avec l’organisation d’une campagne sur ce thème.

Attitude à adopter

La police donne ces conseils de prudence: ne pas accepter de boissons proposées par des inconnus, ne pas laisser son verre sans surveillance, et aviser immédiatement le personnel ou la police (au 117) en cas de suspicion d’intoxication.

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