Procès: Une mère fait avaler de la coke à son fils

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ProcèsUne mère fait avaler de la coke à son fils

Un adolescent de 16 ans a transporté 50 boulettes de cocaïne dans son ventre entre Madrid à Genève. Sa mère fait face aux juges.

par
Henri Della Casa

C'est un douloureux reflet de la crise économique en Espagne qui s'est joué hier devant le Tribunal correctionnel.

Une jeune mère de famille espagnole comparaissait pour avoir demandé à son fils de 16 ans d'ingérer 607 grammes de cocaïne afin de les transporter en avion de Madrid à Genève. Le duo avait été arrêté dans un hôtel genevois en juillet 2011, peu de temps après avoir foulé le sol helvétique.

Situation sociale précaire

Pour en arriver là, l'accusée a expliqué que le manque de moyens financiers dont souffre sa famille l'a acculée à accepter ce trafic. Après avoir été expulsée de son logement et perdu son emploi, cette trentenaire élève ses enfants chez la grand-mère à Madrid, avec pour seul revenu les rentes de cette dernière et d'une tante handicapée vivant avec eux.

Alors quand des «amis» lui proposent de livrer de la drogue, à 25 euros la boulette, cette femme naïve et désespérée acquiesce. «J'ai subi un bypass, raconte la jeune femme vêtue d'un anorak. L'entrée de mon estomac (sic) était devenu trop petit».

Deux voyages effectués

Son fils aîné, qu'elle considère comme «l'homme de la maison» accepte alors de faire la mule. «Je lui ai d'abord dit non, mais il insistait», se désole-t-elle. D'abord 58 capsules de cocaïne ingurgitées, à destination de Malte au printemps 2011. Puis 50 boulettes à acheminer vers Genève, malgré la volonté des commanditaires qu'il en avale 100.

Fils également condamné

«Vous avez mis votre fils en danger physique et psychique», fustige la procureure. Le tribunal veut toutefois donner une chance à cette mère: il la condamne à 3 ans de prison, dont deux avec sursis, pour violation du devoir d'assistance et infractions graves à la Loi fédérale sur les stupéfiants.

Le fils est déjà retourné en Espagne, chez sa tante. Il avait passé 3 mois au centre de détention de la Clairière en attente d'être jugé. Le Tribunal des mineurs l'avait puni d'une peine avec sursis.

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