Genève: Une mère indigne conteste sa condamnation
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GenèveUne mère indigne conteste sa condamnation

Le procès en appel d'une femme de 39 ans, qui avait transporté son nouveau-né à la maternité dans un sac poubelle, s'est ouvert à Genève. La mère a demandé l'acquittement.

Le procès en appel d'une mère de 39 ans, qui avait accouché dans les toilettes de son appartement et avait mis son nouveau-né dans un sac poubelle pour le transporter à la maternité, s'est tenu lundi à Genève. La femme a plaidé son acquittement.

Absent à l'audience, l'ex-mari de la prévenue -âgé de 44 ans- a également demandé par le biais de son avocate à être acquitté. L'an dernier, le Tribunal de police avait condamné le père et la mère à huit mois de prison avec sursis chacun, pour avoir exposé leur petite fille qui venait de naître à un danger de mort.

L'avocate de l'accusée, Barbara Lardi Pfister, a rappelé le contexte familial difficile dans lequel évoluait sa cliente au moment des faits, en mai 2008. Elle devait faire face à de gros problèmes conjugaux et financiers. Elle ne voulait en outre pas de ce quatrième enfant et «a occulté sa grossesse».

Aujourd'hui, la fillette de 4 ans se trouve dans une famille d'accueil et a commencé l'école. Sa mère peut lui rendre visite tous les dimanches après-midi et un mercredi sur deux. «Je regrette ce que j'ai fait et je veux maintenant passer plus de temps avec ma fille», a déclaré la prévenue à la fin de l'audience.

La procureure Anne-Laure Huber a demandé la confirmation de la condamnation prononcée en première instance. Elle a rappelé avec quelle désinvolture la mère a déposé son enfant à la maternité, répondant à la sage-femme venue l'accueillir qu'elle ne voulait pas savoir si le nouveau-né était encore vivant.

Responsabilité restreinte

«Le bébé est tombé dans la cuvette des WC, puis a été transporté à l'hôpital dans un sac poubelle, avant d'être balancé sur le comptoir de la maternité», a rappelé la représentante du Ministère public. L'enfant a été amené à l'hôpital posé sur le sol de la voiture que conduisait le père, a-t-elle ajouté.

Le père, qui n'a plus donné de nouvelles depuis, a, selon Mme Huber, abandonné sa fille dans les mains de son ex-épouse qui n'avait pas un comportement de mère. Sa légère déficience mentale ne l'excuse pas. «Même avec une responsabilité restreinte, il devait se rendre compte du danger».

Cette enfant a été traitée comme une ordure, a déploré Saskia Ditisheim, sa curatrice. Avant d'aller à l'hôpital, la mère a même pris de temps de se doucher, laissant le nouveau-né dans le sac poubelle posé sur le carrelage de la salle de bains. La Chambre pénale d'appel et de révision rendra son verdict ultérieurement.

(ats)

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