Emirats arabes unis: Une meurtrière «possédée» par le mal?
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Emirats arabes unisUne meurtrière «possédée» par le mal?

Une Emiratie, accusée d'avoir tué une Américaine avec un couteau de cuisine en s'inspirant de groupes jihadistes, a affirmé pendant son procès être «possédée» par des «esprits maléfiques».

La tueuse présumée de cette américaine affirme également souffrir d'une «maladie mentale», ont indiqué mardi des journaux.

Le procès d'Alaa Bader Abdullah Al Hashemi s'est ouvert le 23 mars mais, lors de la deuxième audience lundi, l'accusée a demandé une «aide psychologique» après avoir affirmé souffrir d'une maladie qui lui donne des «visions irréelles» avec «des gens comme des fantômes», a précisé le quotidien The National d'Abou Dhabi.

La presse internationale n'est pas autorisée à assister au procès par les autorités des Emirats arabes unis.

«Louve solitaire»

Mme Al Hashemi est accusée d'avoir poignardé à mort l'enseignante américaine Ibolya Ryan, 47 ans, le 1er décembre 2014 dans les toilettes d'un centre commercial d'Abou Dhabi, avant de placer une bombe artisanale, qui n'a pas explosé, devant le domicile d'un médecin américain, un musulman d'origine égyptienne.

La prévenue, entièrement recouverte de la longue robe traditionnelle (abaya) noire portée aux Emirats, avait été appréhendée en moins de 48 heures. Les autorités avaient alors affirmé qu'il pourrait s'agir d'une louve solitaire, menant de sa propre initiative des actes inspirés par la propagande jihadiste, et que le mobile serait la nationalité des victimes.

Déférée devant la Cour de sûreté de l'Etat le 1er mars pour meurtre et tentative de meurtre, elle est notamment accusée d'avoir commis «des actes terroristes», fait la promotion de groupes de la mouvance jihadiste et envoyé des fonds à Al-Qaïda au Yémen.

Hystérie

L'acte d'accusation affirme qu'elle a «compromis la stature de l'Etat» émirati et «menacé sa sécurité et sa stabilité».

«J'ai tendance à agir sans savoir et à devenir hystérique parfois», a affirmé lundi Mme Al Hashemi, citée par Gulf News. Elle a nié toutes les charges portées contre elle, et affirmé avoir été maltraitée pendant des interrogatoires visant à la faire avouer.

Les Emirats arabes unis se sont engagés en septembre dernier avec les Etats-Unis et la France dans des frappes aériennes contre les jihadistes du groupe Etat islamique qui continue de sévir en Syrie et en Irak.

Les attaques imputées à des jihadistes ou personnes s'inspirant de groupes jihadistes sont rarissimes aux Emirats, une monarchie du Golfe qui contrôle avec une poigne de fer les islamistes.

(afp)

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