France - Une prof militante d’extrême droite interpellée pour une pancarte antisémite
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FranceUne prof militante d’extrême droite interpellée pour une pancarte antisémite

Une enseignante, ex-sympathisante du Front national et ex-élue locale, s’est fait arrêter lundi après la manif contre le pass sanitaire à Metz.

La femme photographiée lors de la manifestation a été l’éphémère cheffe de cabinet de Louis Aliot, alors vice-président du Front national (devenu RN), avant d’être remerciée et de quitter le parti.

La femme photographiée lors de la manifestation a été l’éphémère cheffe de cabinet de Louis Aliot, alors vice-président du Front national (devenu RN), avant d’être remerciée et de quitter le parti.

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Elle avait brandi une pancarte antisémite lors d’une manifestation samedi contre le pass sanitaire à Metz, une image qui a suscité de vives condamnations: une enseignante, ex-membre du Front national et ancienne élue locale, a été interpellée lundi à Hombourg-Haut (est de la France).

Confirmant son statut d’enseignante, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé qu’elle sera «suspendue en attendant les suites disciplinaires». «Sur le plan pénal, le recteur saisit le procureur», a ajouté le ministre.

Selon la préfecture de la Moselle, le domicile de l’enseignante, Cassandre Fristot, a été perquisitionné lundi matin. «La police regarde si l’on trouve dans son logement de quoi expliquer ou conforter la présomption d’antisémitisme», a précisé la préfecture.

Une pancarte «abjecte» pour le ministre de l’Intérieur

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui avait dénoncé dimanche une pancarte «abjecte» et promis que ce geste ne resterait pas «impuni», a lui-même annoncé lundi sur Twitter l’interpellation de la jeune femme.

Le parquet de Metz (est), où avait lieu la manifestation, avait ouvert une enquête sur cette «pancarte au message manifestement antisémite», après la diffusion sur les réseaux sociaux de la photo de la jeune femme brandissant les noms de plusieurs responsables politiques, hommes d’affaires et intellectuels, dont la plupart sont Juifs.

La pancarte qui a fait réagir le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

La pancarte qui a fait réagir le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

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Élue d’opposition au Conseil municipal de Hombourg-Haut de 2014 à 2020 et ex-candidate FN aux législatives de 2012, Cassandre Fristot avait été brièvement cheffe de cabinet en 2013 de Louis Aliot, alors vice-président du Front national (devenu RN), avant d’être remerciée et de quitter le parti.

Âgée de 33 ans, celle qui a perdu aux élections municipales de Hombourg-Haut en 2020 a reçu le soutien de Thomas Joly, président du mouvement nationaliste d’extrême droite «Parti de la France», une formation fondée en 2009 par d’anciens membres du Front national, dont Carl Lang.

Tribune d’un général à la retraite

Sur la pancarte brandie à la manifestation messine rassemblant 3800 personnes selon la police, les noms encadraient le slogan: «Mais qui?» Ce slogan est apparu à la suite d’un entretien accordé en juin sur la chaîne CNEWS d’un général à la retraite, Daniel Delawarde, signataire d’une tribune évoquant «le délitement» de la France, publiée par l’hebdomadaire «Valeurs actuelles».

Il avait été alors interrogé sur le thème de «meute médiatique» qu’il avait utilisé dans un blog en novembre 2020 pour dénoncer la couverture de la dernière élection américaine, avalisant pour sa part «l’hypothèse d’une fraude importante». À la question «qui contrôle la meute médiatique?» et après plusieurs relances, il avait répondu: «La communauté que vous connaissez bien…», avant d’être coupé par le présentateur, Jean-Marc Morandini.

Une plainte en vue

Pour la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), ce slogan est «une autre manière de dire qu’on n’aime pas les juifs».

La diffusion d’une photo de la pancarte, brandie fièrement par son auteure, a suscité un tollé dans la classe politique et les organisations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Francis Kalifat, a indiqué sur Twitter avoir demandé à l’avocat de l’organisation «de déposer une plainte au nom du @Le_CRIF contre Cassandre Fristot identifiée comme la personne portant la pancarte antisémite lors d’une manifestation antivax».

La Licra avait annoncé dès dimanche son intention de porter plainte et SOS Racisme a dit «étudier» la possibilité de poursuites judiciaires.

(AFP)

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