Droits humains: Une ministre de Trump à Genève

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Droits humainsUne ministre de Trump à Genève

La ministre américaine Nikki Haley se rendra mardi à Genève pour annoncer les intentions des Etats-Unis sur les droits humains.

Nikki Haley sera la seconde figure importante du cabinet du président américain Donald Trump à faire le déplacement à Genève depuis deux semaines.

Nikki Haley sera la seconde figure importante du cabinet du président américain Donald Trump à faire le déplacement à Genève depuis deux semaines.

AFP

Les Etats-Unis vont peut-être éclaircir leurs intentions sur le Conseil des droits de l'homme. Après des menaces de retrait et l'annonce de coupes de leurs contributions internationales, ils vont dépêcher mardi à Genève leur ambassadrice à l'ONU à New York, qui a rang de ministre, pour un discours très attendu au début de trois semaines de débat dans cette enceinte.

Nikki Haley sera la seconde figure importante du cabinet du président américain Donald Trump à faire le déplacement de Genève depuis deux semaines. Le secrétaire à la santé Tom Price avait participé à l'Assemblée mondiale de la santé.

Washington a menacé à plusieurs reprises de ne plus voter de résolution ou même de sortir du Conseil si celui-ci ne se réforme pas. En première ligne, son gouvernement demande le retrait d'un débat systématique à chaque session sur la situation des territoires palestiniens qui cible son allié israélien. Lors de la précédente session, seule une fonctionnaire avait représenté l'administration Trump.

«Les Etats-Unis jouent un rôle clé au sein du Conseil des droits de l'homme», dit l'ambassadeur suisse à l'ONU à Genève Valentin Zellweger. Les discussions au Congrès américain laissent penser qu'un retrait ne serait pas plébiscité par les parlementaires.

Ciblés par Washington

Autre débat, les Etats-Unis viennent de présenter un projet de budget qui rogne plus de 30% leurs contributions internationales. Au sein de l'ONU, seul un Fonds à New York est pour le moment directement impacté par les intentions américaines.

Seuls 3% de l'enveloppe fixe de l'ONU sont consacrés aux droits de l'homme. Toute coupe supplémentaire serait problématique pour la protection de ces droits et «affecterait les travaux du Conseil», affirme un porte-parole de l'enceinte établie à Genève.

Ce contexte pèse alors que le financement des sessions du Conseil des droits de l'homme devient de plus en plus difficile. Les questions débattues et le nombre de réunions se sont multipliés, alors que le budget est en recul depuis deux à trois ans. «Il se peut que nous soyons confrontés à un problème sérieux en septembre», met en garde M. Zellweger, qui est actuellement vice-président du Conseil.

La Suisse est notamment attachée au maintien de l'Examen périodique universel (EPU) de la situation des droits de l'homme dans chaque pays. «Il faut préserver» ce mécanisme important, insiste l'ambassadeur.

Les Etats-Unis ciblent par ailleurs la composition du Conseil des droits de l'homme dont font partie des Etats controversés. «Si on excluait l'accès de certains pays au Conseil, ils risqueraient de refuser de participer à l'EPU», alerte M. Zellweger.

Burundi, LGBTI ou Birmanie

Face aux menaces sur le fonctionnement du Conseil des droits de l'homme, un groupe de travail a été établi. Il rassemble des représentants du directeur général d'ONUGenève Michael Møller, du Haut Commissariat aux droits de l'homme et du bureau du Conseil. Des propositions seront lancées avant d'être relayées à New York.

Ce climat volatile autour de l'institution risque de faire passer les débats de fond au second plan lors des trois semaines de réunion. La Suisse soutient avec de nombreux autres pays une résolution sur les mariages forcés de jeunes dans les contextes humanitaires.

La Commission d'enquête indépendante de l'ONU sur la Syrie doit aborder les attaques chimiques. Autre question annoncée comme potentiellement difficile, le premier dialogue interactif avec le nouvel expert indépendant sur les droits des gays et des transgenres (LGBTI) doit également avoir lieu.

Le suivi de l'application des recommandations de la Commission d'enquête sur l'Erythrée sera discuté. Burundi, Birmanie ou encore Bélarus seront notamment décortiqués. Par ailleurs, le président du Conseil devra lui nommer quatre rapporteurs spéciaux sur la solidarité internationale, les minorités, les droits de l'homme dans la lutte antiterroriste et les droits des migrants. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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