Sommet des BRICS: Une nouvelle banque pour les pays émergents
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Sommet des BRICSUne nouvelle banque pour les pays émergents

Réunis jeudi pour un sommet à Dehli, les pays émergents des «BRICS» ont annoncé leur intention de créer une banque de développement pour contrebalancer les institutions occidentales.

De gauche à droite: la présidente du Brésil, Dilma Roussef, le président de la Russie, Dmitri Medvedev, le Premier ministre indien Manmohan Singh, le président de la Chine, Hu Jintao er le président d'Afrique du Sud, Jacob Zuma

De gauche à droite: la présidente du Brésil, Dilma Roussef, le président de la Russie, Dmitri Medvedev, le Premier ministre indien Manmohan Singh, le président de la Chine, Hu Jintao er le président d'Afrique du Sud, Jacob Zuma

Les cinq grands pays émergents du bloc des «BRICS» ont plaidé jeudi lors d'un sommet à Delhi pour la création d'une nouvelle banque de développement. Voulant asseoir leur influence diplomatique, ils ont unanimement estimé que seul le dialogue pouvait résoudre la violence en Syrie et la crise avec l'Iran.

Les dirigeants des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud), en lançant d'une nouvelle banque de développement, cherchent un contrepoint aux institutions financières occidentales.

Selon la «déclaration de Delhi, les ministres des Finances des cinq pays vont examiner «la faisabilité et la viabilité» d'une telle proposition. Cette idée avait déjà été débattue sous le nom de «South-South Bank» ou «Brics Bank». Le nom des BRICS est né en 2001 sous la plume d'un économiste de la banque d'investissement Goldman Sachs pour désigner des pays connaissant une forte croissance.

«Ce serait un outil financier très puissant pour améliorer les possibilités commerciales et peut-être une étape majeure pour soutenir l'Union européenne dans ses efforts pour surmonter la crise financière», avait souligné mercredi le ministre brésilien du Commerce, Fernando Pimentel.

Potentiel de croissance inexploité

Même si leurs échanges commerciaux sont en pleine expansion, le ministre indien du Commerce, Anand Sharma, a estimé qu'ils étaient encore loin de ce que l'on pouvait espérer d'un groupe réunissant 40% de la population mondiale.

«Il y a un large potentiel de croissance inexploité pour le commerce entre pays des Brics et pour l'investissement (...) qui faciliterait la croissance économique à un moment où l'économie mondiale est frappée d'incertitude», a-t-il déclaré à la veille du sommet. Leurs échanges commerciaux ont bondi l'an dernier de 28% pour atteindre 230 milliards de dollars.

40% de la population mondiale

Le bloc des BRICS, qui totalise 40% de la population mondiale, cherche à transformer sa force économique croissante en influence diplomatique, en dépit des profils et des intérêts différents des cinq pays.

«A l'avenir, les Brics auront pour programme de transformer pas à pas ce forum en puissante et forte organisation», a résumé le président russe, Dimitri Medvedev à la presse, tandis que le chinois, Hu Jintao, a estimé qu'il fallait «voir les différences comme une chance d'exploiter les forces de chacun».

La «déclaration de Delhi» évoque la «profonde préoccupation» des cinq pays «à l'égard de la situation en Syrie» et appelle à «la fin immédiate de toute violence et des violations des droits de l'homme dans ce pays».

Soutien au plan Annan

«Nous sommes d'accord sur le fait qu'une solution en Syrie et en Iran peut seulement être trouvée via le dialogue», a annoncé le premier ministre indien Manmohan Singh, lors de la déclaration finale du quatrième sommet de ce groupe.

Le texte évoque en outre le soutien unanime du bloc au plan de règlement pacifique de l'émissaire international Kofi Annan. La Russie et la Chine, deux grands alliés de Damas, se sont opposés à l'usage de la force ou à toute intervention étrangère pour résoudre le conflit en Syrie ou la crise avec l'Iran.

Les dirigeants ont également appelé à éviter toute escalade dans la crise avec l'Iran, jugeant que «les conséquences désastreuses qui en découleraient ne sont dans l'intérêt de personne».

«L'Iran a un rôle crucial à jouer dans le développement pacifique et la prospérité d'une région ayant un fort intérêt économique et politique et nous voulons que l'Iran y joue son rôle en tant que membre responsable de la communauté internationale», selon la déclaration finale.

(ats)

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